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Générique
À partir de 8 ans, du CE2 au CM2
Nicolas Philibert, France, 1995, Couleur, 35 mm, 1,66, 59 minutes.
Sortie en France : 5 juin 1996, à la télévision, avant la sortie salles.
Tournage : de 1991 à 1994 au cours des travaux de rénovation de la Galerie de Zoologie du Museum national d'Histoire Naturelle
Réalisation : Nicolas Philibert
Assistant à la réalisation : Valery Gaillard
Image : Frederic Labourasse, Nicolas Philibert
Son : Henri Maïkoff
Montage : Guy Lecorne
Musique : Philippe Hersant
Mixage : Julien Cloquet
Production déléguée : Serge Lalou
Co-production : Les Films d'ici, France 2, Museum d'Histoire Naturelle, Mission Interministérielle des Grands Travaux
Prix : Prix du meilleur film de recherche documentaire au festival Popoli. Florence 1994
Prix spécial du jury au festival international de San Francisco 1995
Prix du meilleur film sur la nature au festival Okomedia de Freiburg 1995.
Distribution : Les Films du Losange
Résumé
Au début du film, un carton situe l'action : « Ce film a été tourné à Paris entre 1991 et 1994, au cours des travaux de rénovation de la Galerie de Zoologie du Museum d'Histoire naturelle. Créée à la fin du XIX° siècle, celle-ci était fermée depuis 1965. ».
En fait, sur un plan narratif, il est difficile de parler d'autres « actions » que de celles qui préludent à la réouverture de la Grande galerie de Zoologie à son public. Un animal, des animaux commence avec un camion qui traverse la campagne et transporte des animaux naturalisés debout sur la plate-forme arrière ; il se termine avec des plans du bâtiment enfin prêt et une série de gros plans d'animaux qui nous regardent, nous spectateurs qui sommes leur hors champ. Ils nous attendent.
Entre temps, en s'appuyant sur quelques personnages principaux (en particulier, un taxidermiste et la Conservatrice en chef), le film nous aura fait suivre les diverses opérations qui auront été nécessaires avant la réouverture de la Galerie : les travaux du bâtiment lui-même qui vont du creusement de fondations jusqu'au ponçage des parquets, et ceux qui assurent la remise en état des animaux naturalisés, de l'époussetage et du rempaillage jusqu'à leur désempaquetage en passant par toutes les étapes de la mise en espace par la scénographie, jusqu'aux dernières finitions et à l'attente suspendue de l'ouverture.
Note d'intention
Œuvre documentaire, Un animal, des animaux filme en alternance les animaux naturalisés du musée et l’équipe de conservateurs au travail. « Mais qu’on ne s’y trompe pas : mon ambition n’était pas de faire étalage d’un quelconque savoir scientifique. Aucune explication, pas d’interviews : ce film propose une mise à distance, le regard amusé et fouineur d’un cinéaste qui se serait introduit par effraction. Il suggère le point de vue d’un amateur de rêves saisi par l’étrangeté, l’émotion que dégagent ces centaines, ces milliers d’animaux immobiles, amassés par les savants d’autrefois et si précieusement conservés par les scientifiques d’aujourd’hui ». (Nicolas Philibert, site officiel du cinéaste).
Mots clé
animaux, film documentaire, musée, plans fixes
Respect de ce qui est filmé, respect du spectateur,
la manière de Nicolas Philibert
Extrait du Point de vue du Cahier de notes sur…
écrit par Carole Desbarats.
Ce qui est révélateur dans Un animal, des animaux, est la difficulté à le classer dans un genre, et, s'agissant d'un film sur une Galerie de Zoologie du Museum d'Histoire Naturelle, cela ne manque pas de sel... Film de coulisses comme le sont les comédies musicales, certainement, film sur le travail, c'est sûr, documentaire, en effet, mais peu classique…film sur le monde des animaux naturalisés, évidemment, même si…
Documentaire :
Nicolas Philibert fait volontiers part de ses réticences sur la séparation entre documentaire et fiction.
Il n’est pas le seul à la remettre en question et la production de ces dix dernières années montre bien que les cinéastes, quand ils s’attachent à ne pas placer le contrôle sur le réel en avant comme le permet la fiction, ne se privent plus pour autant des bénéfices de certains des attributs traditionnels de ce genre-là. Ainsi, en 2008, Avi Mograbi utilise-t-il dans Z32 un effet spécial pour flouter le visage de certains de ses personnages. La technique numérique lui permet de garder les yeux et la bouche non floutés : ces trous expressifs dans un masque à l’inquiétante étrangeté autorisent la confession intime d’un soldat israélien.
De même, la musique n’est plus tabou dans le documentaire de création, et la collaboration de Nicolas Philibert avec le compositeur Philippe Hersant le prouve bien, ou encore, un documentariste peut faire rejouer une scène, un entretien, si les besoins du film le nécessitent.
S’en étonner est compter sans l’Histoire du cinéma. On peut juste rappeler à cet égard l’exemple devenu canonique de la scène de capture dans Nanouk l’esquimau, dont on sait bien maintenant qu’elle a totalement été « mise en scène », avec les assistants de Flaherty qui tiraient le filin sur lequel Nanouk concentrait ses efforts pour hâler un gros phoque. Ils étaient hors-champ et, du coup, l’effet dramaturgique marche vraiment. En 1922 comme de nos jours…
On ne saurait oublier que les questions d’argent interviennent parfois aujourd’hui au grand jour dans le domaine du documentaire qui en était jusque-là « préservé », au moins aux yeux du public, ne soyons pas naïfs. C’est d’ailleurs précisément l’objet du procès intenté par le personnage principal d’un précédent film de Nicolas Philibert, Etre et avoir. Le procès a été maintes fois perdu par le plaignant : Nicolas Philibert reste reconnu comme le responsable du sens mis en place dans ce film.
« Je déteste ce mot : « documentariste » dit l’auteur d’Un animal, des animaux, il contribue à dresser une frontière autour d'un genre qui n'a jamais cessé d'évoluer et dont chacun connaît au contraire la porosité, la variabilité des tracés, les liens presque consanguins qu'il entretient avec celui qu'on lui oppose toujours, la fiction. Tant il est vrai que les images sont moins fidèles au « réel » qu'aux intentions de ceux qui les produisent ».
Analyse de séquence
Extrait vidéo provenant du site image
Cet extrait correspond à l'analyse de séquence du Cahier de notes, "dernière séquence" par Carole Desbarats, p.22
Petite bibliographie
Sur Nicolas Philibert
Ouvrages :
« Le regard d'un cinéaste » édité pour le Mois du film documentaire.BPI (2009)
Nicolas Philibert, I film, Il cinema (en italien) : collectif. Luciano Barisone et Carlo Chatrian. Ed. Effata. (2003)
Revue :
Numéro spécial d’Images documentaires. N°45/46. 2002, avec, en particulier un long entretien avec Luciano Barisone.
Sur Un animal, des animaux
Compléments à l'édition du DVD Montparnasse Un animal, des animaux.. de 2002 :
Dans la peau d'un blaireau 7'
Portraits de famille 2'30
La métamorphose d'un bâtiment 8'
Ce qui anime le taxidermiste 18'
Outil pédagogique :
Collège au cinéma sur Un animal, des animaux, Emmanuel Burdeau et Thierry Lounas
Sur la question des animaux
Revue :
Dossier spécial de la revue Esprit Juin 2010 : « Ce que les animaux nous apprennent »
LESTEL Dominique : L'homme devant l'animal : observer une autre intelligence (entretien)
LEFEBVRE Louis : Continuités et ruptures dans le monde animal
DESPRET Vinciane : Intelligence des animaux : la réponse dépend de la question
SHEPARD Paul : Comment l'animal nous rend humains
Sites :
Site officiel de Nicolas Philibert, affiche du film téléchargeable à cette adresse : http://www.nicolasphilibert.fr
Site de l’Ecole Normale Supérieure : http://www.diffusion.ens.fr, ou, ens.fr, onglet savoirs, puis savoirs en multimedia. : Conférence De l’animal à l’humain, Elisabeth de Fontenay.
http://www.terra-economica.info/Parler-de-difference-entre-l-homme,11872.html (Vinciane Despret)
Y-a-t-il une barrière entre l'homme et l'animal (Dominique Lestel)





