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Générique
À partir de 8 ans, du CE2 au CM2. Durée du programme : 41 min.
Pierre et le loup
Suzie Templeton adapté de l’oeuvre de Prokofiev, Grande-Bretagne/Pologne, 2006, 33 mn, animation avec marionnettes, version originale sans dialogues
Titre original : Piotrus i wilk
Adaptation et scénario : Suzie Templeton, Marianela Maldonado
Musique et livret : Sergei Prokofiev
Directeur musical : Mark Stephenson
Directeur artistique : Hugh Gordon
Directeur de la photographie : Mikolaj Jaroszewicz
Animation : Adam Wyrwas
Montage : Suzie Templeton, Tony Fish
Décors : Marek Skrobecki, Jane Morton
Son : Chimney Pot
Producteurs : Alan Dewhurst et Hugh Welchman (BREAKTHRU FILMS)
Co-producteur : Zbigniew Zmudzki (Se-ma-for Studios) - Producteur exécutif : Lars Hellbust et Simon Olswang
Musique interprétée par le Philharmonic Orchestra dirigé par Marc Stephenson
Date de sortie en France : 23 septembre 2009
Récompenses : Oscar du meilleur court métrage
Grand Prix et Prix du public festival d'Annecy
Distributeur : Les Films du préau
Le Loup blanc
Pierre-Luc Granjon
France, 2006, 8 mn, animation
Scénario : Pierre-Luc Granjon
Prises de vues : Sara Sponga
Animation : Pierre-Luc Granjon
Montage : Nathalie Pat
Son : Loïc Burkhardt
Mixage : Loïc Moniotte
Musique : Timothée Jolly
Voix : Oriane Zani, Louis Sommermeyer, Hélène Ventoura, Sylvain Granjon
Producteur : Ron Dyens - SACREBLEU PRODUCTIONS
Récompenses : Grand Prix - Festival de Vendôme
Prix de la Meilleure Musique Originale - Lille
Grand Prix - SICAF (Corée)
Grand Prix - Festival ReAnimajca (Pologne)
Prix du Jury Professionnel - Plein La Bobine
Prix du Public à Cinématou - Genève (Suisse)
Meilleur Film pour Enfants - Krok (Ukraine)
Prix Spécial du Jury au Curta Cinema - Rio de Janeiro (Brésil)
Prix Spécial du Jury à Cinanima - Espinho (Portugal)
Résumés
Pierre vit dans la campagne russe avec son grand-père. Esseulé, le jeune garçon cherche des compagnons de jeu, il se laisse entraîner par un canard et part s'amuser sur le lac gelé où il rencontre un oiseau et un chat. Le grand-père rattrape Pierre et le sermonne, il redoute que le garçon rencontre le loup et décide de l'enfermer dans sa chambre. Mais Pierre parvient à s'échapper. Il finit par rencontrer le loup, et contre toute attente réussit à l'apprivoiser et à le capturer. Pierre et son grand-père livrent le loup aux chasseurs qui veulent le tuer. Pierre décide alors de le laisser s'échapper. Le film se termine par un regard intense entre le loup et le petit garçon, marque de respect et de gratitude.
Le Loup blanc raconte l'histoire d'un petit garçon qui apprivoise un loup. Mais les parents de l'enfant le capturent et le décapitent à l'aide d'une hache. Le garçon et son frère s'enfoncent dans la forêt pour enterrer la tête de l'animal sous le regard d'une horde de loups.
Note d'intention
Petit bijou filmé en animation image par image, la réussite de cette version cinématographique de Pierre et le loup tient à son atmosphère, que magnifie l'artisanat des marionnettes. Associée à la musique de Prokofiev, l'absence de dialogues donne à l'intrigue minimale une grande puissance dramatique.
Le Loup blanc de Pierre-Luc Granjon présente des points communs avec le film de Suzie Templeton, notamment en choisissant le thème de l'apprivoisement d'un animal féroce. Les dessins du film ont une tonalité triste à cause de la prédominance du gris.
Les deux films, proches du conte, ont des allures de cauchemar… Mais finalement les sentiments éprouvés par les spectateurs sont plus proches de la mélancolie que de la peur.
Mots clé
Animation, animal, loup, mélancolie, marionnettes, musique, parents/grand-père, peur
Extrait du Point de vue du Cahier de notes sur...
écrit par Marie Omont
Pierre et le loup retrace un parcours initiatique : c’est un conte. Sans renoncer à son univers sombre et mélancolique, Suzie Templeton signe ici une œuvre plus lumineuse. Si ce film est plus optimiste, c’est que le jeune Pierre parvient à prendre sa place dans le monde des adultes. En partant d’un univers réaliste aliénant, la réalisatrice montre comment l’enfant trouve des alliés dans sa révolte contre l’enfermement et la peur. La réécriture du conte ira même jusqu’à offrir à Pierre la force de proposer une nouvelle éthique de vie.
Isolement et repli
Pour son adaptation du conte de Prokofiev, Suzie Templeton a choisi un réalisme sans concession : le monde dans lequel évolue Pierre ressemble peu à la plaine enneigée de la version de Disney ou pré fleuri de Marcel Tillard. La Russie contemporaine de Templeton est hostile, le quotidien de Pierre brutal. Le début du film nous ancre d’emblée dans un monde froid, venteux et clos. Il faut attendre cinq minutes et quarante six secondes pour entendre la musique de Prokofiev. Avant cela, la bande son crée une ambiance sombre, faite de bruits, de craquements, de hurlements et de souffle retenu. Le choix de la tempête de neige ne vient pas d’un souci de poser un décor pittoresque. Il ne s’agit pas de faire slave mais de créer un monde extérieur menaçant, qui griffe et gifle les personnages autant que leur abri précaire, fait de planches et de clous. La maison de Pierre est fermée sur l’extérieur, d’où ne peut venir que le mal. Dans le plan d’ensemble qui la présente, elle est comme coincée, en marge d’un monde qui la rejette ou du moins l’ignore. Ce n’est pas sordide, mais c’est profondément triste. La mise à l’écart des deux personnages est peut-être due à la pauvreté, mais ce qui frappe surtout, c’est l’attitude du grand-père. Son rôle est de scruter l’horizon, de s’en méfier et de fermer les portes. Il ne cesse de reclouer les planches pour obstruer toute ouverture possible. Sortir de la maison ne se fait que par nécessité : pour aller chercher de quoi manger puis pour marchander la vente du loup. Ainsi, le grand-père ne sait-il pas comment faire habiter le monde à son petit-fils. Par deux fois dans le film, il apparaît comme celui qui bouche l’horizon, qui bloque le mouvement d’émancipation du jeune garçon. Lorsque Pierre contemple l’espace sauvage par la brèche qu’il a faite dans la palissade (1’20), on le sent inquiet : il regarde derrière lui, guettant le grand-père qu’il semble plus craindre que les hurlements des loups. Le plan subjectif sur le paysage, par l’éclairage et le léger zoom avant, nous fait éprouver sa fascination pour cet espace. Mais le contrechamp revient très vite avec une entrée de champ brutale (rendue notamment par le bruitage) de la noueuse main du grand-père (1’30). Poignante est l’angoisse que l’on perçoit dans l’œil de la marionnette ! Le plan suivant, en demi ensemble, permet, malgré l’absence de paroles, de comprendre que le grand-père lui impose d’aller au marché. Le choix du muet prend alors toute son intensité. Le grand-père en devient taiseux, mutique et donc brutal puisque seuls les gestes d’empoignade, de bousculade, lui permettent de signifier ce qu’il veut de Pierre. Mais Templeton ne caricature pas puisqu’elle a le souci de faire un plan sur le grand-père désemparé par ce mode de vie qu’il impose à l’enfant. Qui, lui, se tait par soumission. Pierre voit bien que son grand-père ne sait pas agir autrement, que ce n’est pas par méchanceté mais par peur qu’il lui interdit de sortir vers l’Ailleurs. Lorsqu’il glissera sur la glace, c’est encore un raccord regard qui placera le grand-père comme un obstacle devant le ciel. La beauté et la force du raccord vient de la symétrie des deux plans : les deux personnages sont quasiment présentés sur un même fond. Et cela emprisonne d’autant plus Pierre. C’est toujours le hors-champ proche qui représente une menace pour le jeune garçon. L’absence de tout commentaire, le refus d’un narrateur rassurant et complice (comme chez Disney ou dans les versions sonores) place le spectateur dans une attente inquiète. La réalisatrice utilise habilement la connaissance que l’on a du fameux conte pour le régénérer.
Analyse de séquence
Extrait vidéo provenant du site image
Cet extrait correspond à l'analyse de séquence du Cahier de notes, "La capture du loup : Une scène d'action, entre sourire et terreur" par Marie Omont, p.19
Petite bibliographie
Sur le net
Le site de Suzie Templeton est une mine de ressources : on y trouve des photographies, des documents de travail et des articles critiques sur ses films (en anglais). On peut visionner sept captations de mouvements du film Pierre et le loup.
On peut également visionner ses deux courts-métrages, Dog et Stanley, dans leur intégralité.
Le blog de Pierre-Luc Granjon présente divers travaux graphiques, des documents de travail sur ses films ainsi que la référence des blogs de ses complices en création.
Documentation pédagogique et visuels sur le site du distributeur
Les Films du préau
Pour voir et entendre d’autres versions de Pierre et le loup de Sergeï Prokofiev L’adaptation cinématographique réalisée par Walt Disney en 1946 (15 minutes)
Le livre-CD, pour une version racontée par Gérard Philippe et illustrée par Marcel Tillard, Le Chant du monde (enregistrée en 1956), nouvelle édition en 2006.
Le livre-CD, pour une version interprétée par Gavin Friday et l’ensemble Friday-Seezer, racontée par Tom Novembre et illustrée par Bono avec l’aide de Jordan et Éve, aux éditions Naïve, 2004.
Quelques histoires de loup proches de Pierre et le loup
➢ Le loup dévorateur
Le petit chaperon rouge de Charles Perrault
L’Enfant qui criait au loup (conte traditionnel)
Le Loup et les sept chevreaux des frères Grimm
Le Loup et l’agneau de Jean de La Fontaine, Les Fables, I,10
La chèvre de monsieur Seguin d’Alphonse Daudet, in Les lettres de mon moulin, 1869
Les trois petits cochons (conte traditionnel)
➢ L’impossible domestication du loup
Le Loup et le chien de Jean de La Fontaine, Les Fables, I,5
Marlaguette de Marie Colmont, illustrations de Gerta Muller, les albums du Père Castor, éditions Flammarion
Le Loup de Marcel Aymé, in Les Contes du chat perché (1934-1946)
Fantastique Mister Fox de Roald Dahl et sa belle adaptation en film d’animation par Wes Anderson
Croc-Blanc de Jack London, 1906






