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Petites Z’escapades
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Générique

À partir de 4 ans, de la MS au CP. Durée du programme : 32 min.

Jean de la lune

Un épisode de la série Mon âne, Pascal Le Nôtre, animation en plastiline, décors en cartons et papiers, couleurs aux pastels secs, France, 1994, 2’ 34’’.

Un âne, sac de randonneur au dos, découvre un être minuscule. Celui-ci est si petit, que l’âne, même à l’aide de jumelles, le perd de vue. Comme le petit être vaque à ses occupations – brossage des dents, salut aux champignons, jeu avec des escargots et rencontre d’oiseaux – l’âne vaque aux siennes et additionne les bêtises. Il mange un morceau de champignon vénéneux dont l’effet est immédiat. Puis, alors qu’il essaie une flûte taillée dans une branche, il écrase, par inadvertance, le petit être. Il se dépêche de placer la dépouille dans un potiron. Un arbre en germe et croit aussitôt.

L’Eléphant et la Baleine

Jacques-Rémy Girerd, couleurs, animation et décors en pâte à modeler,
France,1985, 7’ 34’’

Sur la place d’une église, un homme monnaye l’exhibition d’une baleine, bloquée dans une roulotte métallique, sans eau. L’homme fait recette. Le public, nombreux, est féroce. On se moque de la baleine, on la blesse. Une nuit, comme la baleine pleure, l’éléphant d’un cirque entend sa plainte. Accompagné de deux enfants, et avec la complicité d’un clown, il pousse la roulotte jusqu’à la mer, où plonge la baleine enfin libre. L’éléphant verse une larme. Le clown donne un concert en compagnie de deux acolytes. La nuit est tombée. Une ovation monte de la mer.

Meunier tu dors

Un épisode de la série Mon âne, Pascal Le Nôtre, couleurs, animation en plastiline, décors en cartons et papiers, couleurs à la gouache et collages degommettes, France, 1994, 2’ 31’’.

Un âne tente en vain de réveiller le meunier endormi tout en confectionnant une pâte à crêpe. Alorsqu’il fait sauter une crêpe dans la poêle, le vent, qui s’est levé, emporte crêpe et meunier, toujours endormi.

Petite Escapade

Pierre-Luc Granjon, noir et blanc,marionnettes en papier mâché et tissus, armatures degrillages, dessins sur celluloïd, France, 2001, 5’ 30’’.

Dans la clairière d’une sombre forêt se trouve une maisonnette. Un enfant, sac au dos, en sort. Il s’enfonce dans la forêt d’un pas tranquille puis sort du sentier tracé. Il franchit avec agilité un tronc d’arbre couché sur le sol. Il poursuit son chemin jusqu’au tronc énorme d’un autre arbre qui se trouve au pied d’un mur. Il l’escalade. Arrivé à la hauteur du mur, il s’installe sur une branche qui passe par-dessus puis regarde en bas, de l’autre côté du mur, vers le trottoir et la rue. Une vieille femme, fichu sur la tête et fourche à la main, passe lentement. Suit, pressé, un petit facteur barbu. Du temps passe. Comme l’enfant mange un morceau de pain, trois chiens arrivent et réclament leur part. L’un d’entre eux reste bredouille. Il s’assoit au pied du mur et attend, les yeux rivés sur l’enfant. Soudain, un pas le fait gémir. Il part en courant. Un homme s’avance, fusil en bandoulière. Il lève la tête vers l’enfant qui s’enfonce aussitôt dans le creux de sa branche. L’homme passe son chemin. La nuit est tombée, la lune luit. L’enfant écrit dans un cahier avant de prendre le chemin du retour dans la forêt, l’air souriant, aussi tranquille qu’au matin. Sur le chemin, il se raconte, d’une manière très personnelle, ses observations de la journée.

Le Trop Petit prince

Zoïa Trofimova, dessins sur celluloïd, couleurs à la gouache, France, 2001, 6’ 41’’.

Le jour se lève sur une toute petite planète. Un petit homme ouvre les volets d'une maisonnette, arrose une rose, fait un ménage minutieux et complet. Comme il passe un chiffon sur les volets, son œil est attiré vers le ciel : le soleil est taché. Commence alors une véritable poursuite. Alors que le soleil accomplit sa course infinie autour de la petite planète et monte de plus en plus haut dans le ciel, le petit homme cherche à l'atteindre pour nettoyer les fameuses taches. Seau d'eau, vaporisateur, table et tabouret superposés ; balai, échelle et petit hélicoptère : en vain. Le soleil se couche finalement, devenant ainsi accessible. Le petit homme l'astique, victorieux, puis rentre chez lui. Il ferme les volets. Un bruit de chasse d'eau. De l'autre côté de la planète se trouve une canalisation. Comme le soleil passe au-dessous, une curieuse masse marron en sort… et vient s'écraser sur l'astre.

Au Bout du monde

Konstantin Bronzit, couleurs, des-sins sur celluloïd et collages, France, 1998, 7’ 45’’.

Au sommet d’une montagne, une maison, en équilibre. Un réveil sonne, le jour se lève. Tour à tour, les habitants de cette maison, un homme, une femme, un chien, une vache et un chat, vont sortir par l’une ou l’autre des deux portes latérales, déséquilibrant ainsi régulièrement la maison en vaquant chacun à leurs activités quotidiennes.

Note d'intention

La conception de ce programme répondait pour Les enfants de cinéma, à un double désir : amorcer une déclinaison expérimentale d’École et cinéma en direction des très jeunes enfants (petites et moyennes sections des classes maternelles, trois à cinq ans) et développer une collaboration avec le studio Folimage, tout en offrant un panorama de ses créations.
Dans la composition de Petites Z’escapades, nous avons souhaité rendre compte de la diversité des créateurs réunis au sein de Folimage, depuis les fondateurs Jacques-Rémy Girerd et Pascal Lenôtre, jusqu’aux jeunes talents et artistes étrangers en résidence, en passant par des collaborations amicales, qui ont amené Michel Ocelot par exemple à réaliser les Contes de la Nuit à Valence...La gageure était de réunir plusieurs univers, particuliers et uniques, des techniques multiples tout en faisant apparaître « l’esprit » et l’exigence de Folimage et en trouvant un rythme adapté à l’âge de ces enfants. Nous avons à cet effet vu beaucoup de courts-métrages, imaginé plusieurs montages, longuement discuté avec l’équipe de Folimage. Nos ambitions de composition se sont bien sûr heurtées aux contraintes du domaine cinématographique : certaines copies s’avérant indisponible et le producteur de Michel Ocelot refusant d’y intégrer l’un des épisodes des Contes de la Nuit.... Mais souhaitons que Petites Z'esccapades invite à une première belle découverte des talents animés développés à Folimage-Valence.

Mots clé

Mur, fugue, clair-obscur, peur, monstre, baleine, chien, sorcière, cirque, forains, chansons, planète, maison

Un parti pris pour une série de télévision (série Mon âne)

Petites Z’escapadesExtrait du Point de vue du Cahier de notes sur...
écrit par Marie Diagne

 

 

Mon Âne est une série de vingt-six films courts, chacun d’environ deux minutes trente, réalisés en deux parties. Le programme des Petites Z’escapades propose un épisode de chacune d’entre elles. Ainsi Meunier, tu dors appartient-il à la première et Jean de la lune à la seconde. Cette série s’inscrit dans une certaine tradition du film d’animation : des chansons populaires, transmises de manière essentiellement orales, y sont mises en scène et leur texte apparaît dans le bas de l’écran, défilant au rythme de la voix qui les entonne. Co-produits et diffusés par la télévision, ces vingt-six films n’en gardent pas moins des partis pris de réalisation, revendiqués comme tels. Ainsi, la présence de l’âne et le choix d’un décor qui, de la première partie de la série à la seconde, affirme son aspect plat et fermé, fonctionnant tel que dans un théâtre de marionnettes. Ainsi également, la présence du texte des chansons. Pascal Le Nôtre crée un personnage intermédiaire entre la chanson et le spectateur, l’âne. Cette intervention d’un personnage étranger au récit initial des chansons pose évidemment un réel problème qui, tel qu’il est résolu par le réalisateur, nous informe du principe de sa mise en scène. « Souvent, dans une classe, le personnage le plus fort, affectivement, c’est le cancre. Je suis bien sûr influencé par Jacques Prévert … Le cancre, c’est celui qui se met un peu à part, qui a souvent une relation privilégiée avec l’enseignant, et extrêmement privilégiée avec le groupe. De ce fait, c’est un personnage à quatre vingt dix pour cent sympathique, qui entraîne immédiatement une certaine adhésion. Lorsque je me suis lancé dans cette aventure de chansons, je me suis confronté à des univers certes extraordinaires, mais très divers. Il fallait trouver une certaine unité. J’ai choisi un âne, qui n’est pas un personnage très utilisé, ou alors pour s’en moquer, parce que c’est un animal qui ne comprend rien, qui fait beaucoup de bruit, qui est têtu, obstiné … Bref : l’âne a vraiment toutes les caractéristiques de l’antihéros ! Et il ne chante pas. Dans toutes les histoires, sauf une où il chante deux ou trois mots, ce qui lui vaut d’ailleurs d’être assommé parce qu’ilchante faux, cet âne reste parfaitement ”à côté de la plaque”, c’est-à-dire à côté de l’histoire. Il a, me semble-t-il, ce comportement révélateur des enfants de deux ou trois ans d’être attentif à tout ce qui se passe,et plus particulièrement à certains détails. J’ai toujours pensé, peut-être à tort, que les enfants aiment qu’on leur raconte plusieurs fois la même histoire pour qu’ils puissent, dans chaque finesse du texte, en saisir un détail et le déguster pendant qu’on poursuit le récit. La fonction de l’âne est donc celle-ci : se saisir de prétextes à l’intérieur de la chanson pour pouvoir s’amuser avec et perdre son temps ; faire tout à fait autre chose que l’action qui continue de se dérouler.» Ainsi, ce sont des détails des différentes actions accomplies par l’âne qui le lient au récit principal de la chanson. Dans Jean de la lune, une fois que l’âne a perdu de vue le petit être de chêne, deux récits se déroulent alors de manière parallèle et sont montés comme tels, jusqu’à la gaffe finale de l’âne. Systématiquement, un élément de la chanson engendre la séquence suivante mettant en scène l’âne : par exemple, c’est le même champignon qui est salué par le petit être puis arraché et croqué par l’âne. Par exemple encore, ce sont les mirlitons des merles et des bouvreuils, nommés dans le texte de la chanson, qui permettent d’enchaîner sur l’âne finissant de tailler une flûte dans une branche d’arbre.

La jointure du récit mettant en scène l’âne avec celui de Meunier, tu dors est plus déroutante : certes, l’âne tente en vain de réveiller le meunier mais parallèlement, il fabrique des crêpes. Pourtant, une fois compris en quoi consiste ce lien qui unit ces deux récits, on saisit le double objectif pédagogique de cette série : certes il s’agit bien de participer à cet effort de transmission d’un patrimoine essentiellement oral. Mais l’âne, en prélevant certains éléments du récit de la chanson, en fait la matrice de péripéties extérieures à ce récit premier dont on peut tirer un apprentissage : on ne mange pas n’importe quel champignon dans la forêt, les escargots rentrent dans leur coquille lorsqu’ils ont peur, etc. Cette tentative didactique, un peu abrupte, apparaît comme une volonté ludique d’élargir l’univers de la chanson tout en se raccrochant à celui de l’enfant. « Pour Meunier, tu dors, j’étais très handicapé par le scénario : c’est très beau, un personnage muet dans une histoire, ici parcequ’il dort. On est d’ailleurs ainsi attentif au moindre geste de ce meunier. Il dort, alors même qu’il a une responsabilité. Le vent va tout démolir, mais son travail ne le préoccupe pas. Le sujet est très intéressant, mais ça laisse un personnage tout seul. Je me suis alors demandé si les enfants, lorsqu’ils ont de la farine dans les mains, comprennent que celle-ci vient du blé. Le lien entre le travail du meunier et la farine s’est perdu. Je trouvais donc drôle que l’âne ne s’intéresse pas au travail du meunier mais directement à son résultat : il prenait la farine et faisait des crêpes. On participait à un récit épicurien : quand une roue tourne, simplement pour nous rappeler que la vie passe vite, que ce meunier a certainement des raisons de dormir, et que nous sommes pris dans ce tourbillon … Et bien Carpe Diem ! Mangeons des crêpes ! Mais, si l’on comprend bien la fébrilité de l'âne, et la passivité du meunier, je ne suis pas sûr que la relation entre ces deux récits en parallèle fonctionne bien. Il est peut-être surprenant de voir cet âne réaliser avec brio de la pâte à crêpes, alors que dans les autres films il ne fait rien d'aussi abouti.»

Petite bibliographie

* COMMUNE AUX SIX FILMS DU PROGRAMME

Sur la technique du film d’animation
— Jean-Loup Passek, assisté de Michel Ciment, Claude Michel Cluny et Jean-Pierre Frouart, Dictionnaire du cinéma, Edition Larousse, 1995, Edition revue et corrigée Larousse-Bordas, 2000. On pourra notamment consulter les articles «Animation » et « Techniques de l’animation ».
— « Le film d’animation» , Textes et Documents pour la Classe, Numéro 834, avril 2002, Editions du Centre National de la Documentation Pédagogique.
Le Technicien du film, numéro 511, pages 38 – 44. À travers un entretien avec José Xavier, auteur entre autres du film Cinémalices (1979), et enseignant au Laboratoire d’Images Numériques d’Angoulême, on suit l’évolution des techniques du film d’animation et on en repère quelques motifs récurrents.
Cahier de notes sur … Garri Bardine. En page 32, on pourra lire « Les techniques de l’animation ». Ce chapitre a été écrit par Pascal Vimenet.
Zozor. Ce catalogue cinématographique de films d’animation a été écrit pour les enfants par Pascal Vimenet. Il a été conçu en hommage à « l’un des pionniers du cinéma d’animation », Emile Cohl, et pour fêter, à sa façon, le centenaire du cinématographe de 1995. Il est constitué d’un ensemble de fiches, chacune consacrée à un film d’animation et d’un petit guide expliquant certains outils utilisés par cette forme de cinéma.
Ce catalogue est issu d’un partenariat entre Lézards Animés, Le C.N.C, Le Ministère de la Culture et de la Francophonie et Les enfants de cinéma. Maquette et conception graphique, 1994, Dreamland.

Plus particulièrement sur le dessin animé :
Cahier de notes sur … Kirikou et la sorcière
(Réalisation : Michel Ocelot). En page 7, on pourra lire « Les étapes de la fabrication d’un dessin animé ». Ce chapitre a été écrit par Michel Ocelot.

Sur les studios de Folimage
L’Equipée de Folimage, studio de films d’animation, Editions Musée de Valence / Musée d’Annecy ; 1999.
Catalogue de l’exposition au musée de Valence (décembre 1999 - avril 2000) et au musée-château d’Annecy juin - octobre 2000) coordonné par Chrystèle Burgard et Maurice Corbet. Les textes de Monique Maza et Philippe Moins, ainsi que l’entretien avec Jacques-Rémy Girerd dessinent, de manière précise et concise, le parcours des studios de Folimage de leur genèse à nos jours, et portent l’accent, avec une intention critique plus ou moins développée, sur quelques-uns des films phares qui y ont été produits.
— « Folimage, une politique hexagonale », Le Technicien du film, numéro 524, 15 septembre – 15 octobre 2002, pages 21 – 23. Sur une progression chronologique, cet article met en avant les caractéristiques des studios Folimage, et notamment sa vocation pédagogique.


*POUR L’UN DES FILMS DU PROGRAMME
Pour Petite Escapade
— Gaston Bachelard, La Poétique de la rêverie, (et en particulier le chapitre intitulé « Les rêveries vers l’enfance », éditions Quadrige / Presses Universitaires de France ; cinquième édition : janvier 1999.

Pour Au bout du monde
— Monique Maza, Au bout du monde. AcrirA

 

La fiche sur le "site image"

les enfants de cinéma

 

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