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Le Petit Fugitif
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Générique

À partir de 6 ans, du CP au CM2

Le Petit Fugitif / Little Fugitive
USA, 1953
Format : 1,33 ; N & B, durée : 77'

Producteurs : Morris Engel & Ray Ashley
Réalisation : Morris Engel, Ruth Orkin, Ray Ashley
Musique composée et dirigée par Eddy Manson,
Directeur de la photographie : Morris Engel
Scénario : Ray Ashley
Edité par Ruth Orkin et Lester Troob
Musique et son supervisés par Lester Troob
Effets sonores : Harold Johnson
Montage : Ruth Orkin
Montage son : Ruth Longwell
Caméra spécialement conçue par Morris Engel et Charles Woodruff
Interprétation : Richie Andrusco (Joey Norton), Richie Brewster (Lennie Norton), Winnifred Cusching (la mère), Jay Williams (Jay du Pony Ride), Charlie Moss (Harry), Tommy DeCanio (Charley), Will Lee (le photographe)

Sortie : présentation le 2 septembre 1953 à la Mostra de Venise, 6 octobre 1953 à New-York

Récompenses : Lion d'argent au festival de Venise en 1953, Nominé aux Oscars 1954, Oscar du meilleur scnérario, Ruban d'argent du syndicat de la critique italienne en 1954

Distribution : Carlotta Films

Résumé

À Brooklyn, Joey Norton, 7 ans, pâtit des brimades de Lennie, son grand frère (12 ans). La lecture de cartoons excite l'imagination de Harry et Charley, copains de Lennie, pour le faire disparaître. Le trottoir, la chaussée, les zones indeterminées composent leur cadre de vie. C'est l'été, le temps des vacances, Lennie doit chaperonner Joey. Quel fardeau ! Leur mère se rend au chevet de leur grand-mère. Elle confie à l'aîné la garde du cadet. Corvée qui contrarie son projet de fêter son anniversaire à Coney Island avec ses comparses.
Le lendemain, les deux frères retrouvent Harry et Charley sur un terrain vague. Harry tient la carabine (real gun) de son père. Il assiste Joey pour mettre en joue son frère et tirer sur lui à "balles réelles". Lennie s'écroule théâtralement, comme doit mourir un gangster romantique. Harry promet au criminel la chaise electrique. Joey n'a pas le choix. Première planque : un cagibi, chez lui. Le téléphone sonne. Joey sort de sa retraite, prend des dollars glissés sous l'appareil, laissés par la mère, et, armé de deux colts, tel un homme à abattre dans un film R.K.O, s'enfuit en franchissant la fenêtre guillotine qui donne sur un passage. La gare, un flic !, filer dans son dos, une rame, sauvé ! Coney Island au bout de sa fugue. Vertige de sa foule. Tournis de ses attractions. La nuit arrive, Joey hors-la-loi dort à la belle étoile. Quel outlaw ne fit pas de même fourvoyé dans la grande prairie ? Un manège de poneys satisfait sa passion des chevaux. Son propriétaire s'alarme de revoir son lonesome fugitive. Il veut l'engager, son nom, son adresse ? L'annuaire, une cabine, Lennie décroche, accourt, plus là, décollé ! Pas de temps à perdre, en vain ! 15h, messages écrits à la craie, sait-on jamais. 15h45, du Parachute, Lennie le repère avec un ballon… qui s'envole. 17h15, toujours rien. Un orage vide la plage. Joey s'avance sur le sable en quête de bouteilles vides. Lennie le voit, l'appelle, s'élance, il n'est pas mort, c'était une blague. 18h, la maison, réussi !, à l'heure pour le feuilleton à la télévision : " Ce salaud de Morgan sui s'enfuit ! ". Le suspens-time continue. Sécher Joey, le changer avant le retour de la mère. Ils regardent trop la télévison, elle va les emmener à Coney Island dimanche.

Note d'intention

Le Petit Fugitif est un film important dans l’histoire du cinéma indépendant, il a été réalisé dans des conditions économiques très modestes en faisant appel à des comédiens non professionnels et à une équipe technique réduite. Les historiens et les critiques de cinéma pensent que la Nouvelle vague française n’aurait pas eu lieu si ce film n’avait pas existé ! Et Alain Bergala le qualifiera même de « chaînon manquant du cinéma moderne », entre le néoréalisme italien et la Nouvelle Vague française. Ce film, très populaire aux Etats-Unis - son équivalent français pourrait être Les 400 coups de François Truffaut - est une immersion très réaliste dans un quartier de New-York qui se situe au bord de la mer : Cosney Island. En suivant les déambulations du jeune Joey, au milieu des manèges d'une immense fête foraine, le spectateur découvre une véritable tranche de vie de l’américain moyen des années 50. Le Petit Fugitif est un film d’aventures très atypique où le principe d’indentification joue à fond ! Un petit bijou de cinéma réaliste qui ne manquera pas d’émouvoir les plus jeunes spectateurs !

Mots clé

Cadet/aîné, cinéma indépendant, Cosney Island, fugue, mensonge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait du Point de vue. Cahier de notes sur...
écrit par Alain Bergala

 

D’où vient l’aspect radicalement novateur de ce film, de sa forme, de son style ? En premier lieu de sa méthode, à nulle autre pareille au milieu des années 50. Et d’où vient cette méthode ? De la singularité de ce projet en marge de l’industrie et des codes du cinéma de l’époque. De son économie « pauvre » qui en a garanti la liberté. Cette méthode, tout sauf anarchique, invente ses propres principes. On les retrouvera dans les films de la Nouvelle Vague et de la modernité.

Premier principe. C’est Jean Renoir qui l’a énoncé en premier : « au cinéma il faut être passif avant d’être actif ». Passif, c’est-à-dire observer avant de mettre en scène ; prendre le temps de s’imprégner du décor, de l’atmosphère, de la lumière, de la météorologie ; se laisser absorber par le milieu avant d’agir, le plus discrètement possible, sur ce milieu. Le concept du plan n’écrase pas le réel, il s’y adapte en souplesse, il y germe, voire il s’y transforme. La maîtrise n’est pas le pouvoir de forcer le réel mais de se laisser impressionner par lui avant de mettre en scène. Cette méthode, Morris Engel n’a pas eu à la trouver, c’était la sienne en tant que photographe. Sa force a été de ne pas vouloir mimer ce qu’il ne connaissait pas (un tournage cinéma) mais de se faire confiance à partir de ce qu’il savait faire : se promener dans la réalité, y être le plus invisible et le plus attentif possible, et prélever ses images discrètement, parfois à la sauvette, dans les rues et dans la foule des baigneurs de Coney Island. Ce principe induit une mise en scène tout à fait particulière, qui est rarement celle de la fiction. La caméra, petite et discrète, et l’acteur, anonyme, doivent s’intégrer à la foule des figurants, à hauteur d’homme ou d’enfant, sans jamais attirer l’attention sur le fait qu’il s’agit d’un tournage de film. Choisir un point de vue, un cadre, répéter discrètement et lancer la prise sans clap ni perche (le film a été tourné en muet) avec la caméra à hauteur d’enfant. Dans les scènes des rues et des terrains vagues de Brooklin, au début du film, le cinéaste n’a pas eu non plus à inventer quelque chose à partir de rien ni encore moins à forcer le réel. Ce quartier populaire, sans être pauvre, c’était celui de son enfance et il en connaît les territoires, les agencements d’espaces et les jeux. La mise en scène devient limpide pour qui connaît depuis toujours la scène où elle se joue.

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Analyse de séquence

Extrait vidéo provenant du site image
Cet extrait correspond à l'analyse de séquence du Cahier de notes, "Le jeu avec le spectateur" par Pierre Gabaston, p.26

 

 

 

 

 


Petite bibliographie

Livres

Le Criminel immature de Anne Conroy (trad. de l'américain par Lydie Boutzot), école des loisirs, pour des enfants de 8 à 12 ans, (grand prix de littérature enfantine du festival de Montreuil, catégorie "conte étranger", 1991)

Détache-moi ! Se séparer pour grandir de Marcel Rufo, Anne Carrière, 2005.

Revues

Les Cahiers du cinéma n°31 (janvier 1954) : la couverture et 4 pages sont consacrées au film, sous la plume d'André Bazin.

DVD

Le Petit Fugitif, L'Eden cinéma, ed. SCÉRÈN-CNDP, collection dirigée par Alain Bergala. Ce DVD contient un livret pédagogique.
Les Bonus : Le Chaînon manquant par Alain Bergala - Morris Engel, l'indépendant par Mary Engel, Joey, un petit portrait d'Amérique par Emmanuel Siéty.

Le Petit Fugitif, Carlotta Films – Nouveau master restauré
Version Originale / Version Française, Sous-Titres Français, Format 1.33 respecté – 4/3 – N&B

Musique

"Chet Beker in New-York", Riverside, 1988

"Stan Gets plays", PolyGram, 1988
photo de la pochette : le musicien et son saxo avec un enfant (7 ans) qui l'embrasse.

Web

Fiche de présentation consacrée au film sur le site du distributeur, Carolotta Films. Possibilité de télécharger des visuels, de visionner des extraits, de commander le DVD.
Le site de Carlotta Films

La fiche sur le "site image"

 

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