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Les Contes de la mère poule
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Génériques

À partir de 4 ans, de la MS au CE1

Programme de courts métrages d’animation iraniens pour les petits,
Iran, 1992-1998-2000, 46 mn, couleurs, sans paroles.
Distribution et sortie en France : Les films du Préau, 3 octobre 2001.
Production des trois films : Kanun (Kanun é Parvaresh é Fekri : Institut pour le Développement Intellectuel des Enfants et des Adolescents) – Iran.

Shangoul et Mangoul

(Shangoul-O-Mangoul) de Farkhondeh Torabi et Morteza Ahadi Sarkani - Iran -
2000 - 17 mn – couleurs - éléments textiles découpés et brodés.
Scénario, graphisme et animation : FarkhondehTorabi.
Décor et image : Morteza Ahadi Sarkani.
Montage : Hassan Hassan-Doust.
Son : Mohammad Haghighi.
Musique : Pirouz Arjomand.

Le poisson Arc-en-ciel

(Mahi-e Ranguin-Kaman) de Farkhondeh TorabiIran - 1998 - 13 mn – couleurs - éléments textiles découpés.
Scénario : Farkhondeh Torabi, inspiré du livre de Marcus Pfister.
Animation et image : Farkhondeh Torabi.
Montage et son : Mohammad Haghighi.
Musique : Mehrdad Janabi.

Lili Hosak

de Vajiollah Fard-e-MoghadamIran - 1992 - 16 mn – couleurs - papier découpé inspiré par des motifs de tapis persans.
Scénario : Vajiollah Fard-e-Moghadam.
Animation et image : Farkhondeh Torabi.
Son : Changiz Sayyad.
Musique : Mohammad Mirzamani.

Résumé

Les Contes de la mère poule est le titre d’une séance de cinéma en salle spécifiquement conçue pour les petits, à partir de quatre ans. Ce programme de 46 minutes rassemble trois chefs-d’œuvre du cinéma d’animation contemporain, différents mais concordants, d’environ un quart d’heure chacun.
Shangoul et Mangoul est une variation, en laine brodée traditionnelle de la région de Kirman, du conte des sept chevreaux, connu aussi chez Esope, La Fontaine ou les frères Grimm : le loup doit montrer « patte blanche » pour tromper les petits de maman chèvre – ici une
« patte verte » qu’il a trempée dans le bain d’un teinturier –, puis la mère défie le loup en combat singulier et l’éventre pour retrouver ses petits. Le poisson Arc-en-ciel, en tissu découpé et animé, démontre que l’union fait la force, et raconte l’entrée dans le groupe du poisson solitaire « Arc-en-ciel », d’abord trop fier de ses écailles colorées et lumineuses pour se joindre aux autres. Lili Hosak, en papier découpé, fait s’animer les motifs animaliers d’un tapis persan : l’enfant à peine né de la poule et du coq se noie dans l’étang. Le coq appelle à l’aide, mais personne ne vient, puis la chèvre à clochette parvient à regrouper autour du point d’eau toute la communauté animale qui, ensemble seulement, parvient à sauver le naufragé.

Note d'intention

Voici un programme de trois courtsmétragesdestiné aux tout-petits. Ces récits animés avec des décors et des personnages taillés dans du tissus, découpés dans du papier, brodés avec de la laine et inspirés des traditions persanes les enchanteront par leur beauté plastique et leur univers magique, plein d’humour et de tendresse.
Par ailleurs, certaines histoires font références à des contes qu’ils connaissent. La durée de chacun des courts-métrages (environ 15 mn) est adaptée au temps de concentration des plus jeunes : ils n’auront aucune difficulté à se passionner pour ces trois belles histoires d’animaux qui ont pour thème l’entraide et la générosité.

Mots clé

Conte, couleurs, entraide, clair-obscur, protection, bestiaire, amitié, sauvé de la noyade, sauvages/apprivoisés

Le Tissage du féminin

Les Contes de la mère pouleExtrait du Point de vue du Cahier de notes sur...
écrit par Hervé Joubert-Laurencin

 

 

« Les femmes et les jeunes filles travaillent à l'aiguille, brodent la soie et l'or. Elles reproduisent une grande variété de couleurs et de motifs, des oiseaux, des animaux ainsi que beaucoup d'autres ornements exécutés avec beaucoup de goût. Ces broderies servent de rideaux, de couvre-lits ou de coussins dans les familles riches. Ces ouvrages, confectionnés avec tant degoût et d'habileté ne peuvent que susciter notre admiration. »
Marco Polo (1270), Le Livre des Merveilles

 

Devant une séance de cinéma dont on a constaté, par l’expérience, qu’elle convient pleinement aux petits « de maternelle », et à laquelle on a pris un plaisir extrême en tant qu’adulte, on se demande d’abord ce qui bâtit son unité. Constituée de trois films courts sans aucune parole ni aucun corps photographié à quoi se raccrocher par identification banale, et même totalement dépourvue de représentation humaine, on se demande ensuite d’où vient ce sentiment de fusion spectatorielle qu’elle engendre. L’absence de tout appel aux réflexes standardisés du commerce dominant contemporain de l’animation « pour enfants » (chanson-rengaines, héros identificatoires codés et dessin animé sur cellulos) n’y est certainement pas pour rien : paradoxalement, l’exotisme de la culture orientale tempéré par l’usagede modèles fabuleux partagés avec l’Occident et la diversité technique des trois œuvres les rassemblent avec force dans un ailleurs de la représentation dominante que les tout petits acceptent sans effort. Cette originalité radicale n’explique pas tout, mais elle indique cependant une qualité spécifique : le « cinéma d’animation » lui-même, lorsqu’il s’est imposé en son nom propre, sous ce vocable et non plus sous les titres partiels et restrictifs de « films à trucs », « dessin animé » ou « filmspour enfants », c’est-à-dire seulement vers le milieu des années1950, s’est fait connaître par la diversité artisanale de ses techniques et par son opposition, théorique et provisoire mais au fond idéologique, avec la forme dominante du « cartoon » ( le dessin animé traditionnel, « sur cellulos »). La fameuse exclamation de Montesquieu : « Comment peut-on être Persan ? », qui résume définitivement, dans la culture française, la curiosité pour le nouveau et l’exotique, décrit aussi parfaitement le moment inaugural de la modernité, méconnue en tant que telle, du cinéma d’animation. Le film d’animation « persan », hétéroclite en trois parties que constitue l’ensemble baptisé Les Contes de la mère poule rejoue ainsi, par sa simplicité artisanale et son hétérogénéité mêmes, la naissance de son art (qui est ausside toutes les manières imaginables, l’art de la naissance – mais n’anticipons pas.) Voilà ce qui rend importante la question de l’unité profonde du rassemblement des trois films du programme. Ceux-ci peuvent être rapprochés selon au moins trois grandes modalités : l’Iran, le Tissu et la Mère (ou : le Féminin)…

Analyse de séquence

Extrait vidéo provenant du site image
Cet extrait correspond à l'analyse de séquence du Cahier de notes, "Entrer dans l'épaisseur de l'image : circularité du monde et fusion maternelle dans Shangoul et Mangoul" par Hervé Joubert-Laurencin, p.20

 

 

 

 

 


Petite bibliographie

Deux livres :
J. Dorsay, Contes persans, Contes et légendes de tous pays, Nathan, Paris, 1978.
Mamad Haghighat, avec la collaboration de Frédéric Sabouraud, Histoire du cinéma iranien 1900-1999, BPI/Centre Pompidou, Paris, 1999.

 

Trois sites internet sur les tapis :
http://www.tapislangton.com/tapis_langton.htm
http://www.intd-tapis.com (Institut français du tapis)
http://www.sov-et.ch/ (voir le semestriel «Torba»consacré aux tapis d’orient)

 

Le site de la société de distribution :
http://www.lesfilmsdupreau.com (contient un guide pédagogique sur le cinéma d’animation).

 

La fiche sur le "site image

 

 

Les enfants de cinéma

 

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