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Le Chien jaune de Mongolie
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Générique

À partir de 5 ans, de la GS au CM2

Byambasuren Davaa, Allemagne-Mongolie, 2005, 93 min, couleurs.
(Sorti en France le 1er février 2006) Version originale, sous-titres français, existe également en version française
Titre original : Die Höhle des gelben Hundes
Titre mongol : Shar nokhoïn tam (« La Caverne du chien jaune »)
Production : Schesch Filmproduktion / Hochschule für Fernsehen und Film München.
Scénario : Byambasuren Davaa, d’après le conte La Cave du chien jaune de Gantuya Lhagva.
Image : Daniel Schönauer.
Son : Ansgar Frerich.
Montage : Sarah Clara Weber.
Musique : Ganpurev Dagvan.
Interprétation : Nansal Batchulunn (Nansa), Buyandulam D. Batchulunn (la mère), Urjindorj Batchuluun (le père), Nansalmaa Batchuluun (la sœur cadette de Nansa), Babbayar Batchuluun (le petit frère de Nansa), Tsrenpuntsag Ish (la vieille dame).

Résumé

Nansa, une fillette de six ans, rentre de la ville où elle va à l’école pour rejoindre sa famille, des nomades de Mongolie vivant de l’élevage de moutons. Autour de leur yourte rôdent parfois des loups qui tuent des bêtes. En allant ramasser des bouses sèches pour allumer le feu, Nansa trouve un chien apeuré dans une grotte. Elle le rapporte chez elle mais son père lui demande de le relâcher car il craint qu’il ait eu des contacts avec les loups et qu’il constitue une menace pour le troupeau. Nansa s’obstine à garder l’animal jusqu’au jour où sa famille part s’installer autre part. Le chien est alors abandonné sur place. En chemin, les parents s’aperçoivent que le petit frère de Nansa est tombé de son panier. Lorsque son père le retrouve, le chien est en train de sauver l’enfant d’une attaque de vautours. Il laisse alors l’animal suivre sa famille.

Note d'intention

Ce drame simple adapté d’un conte populaire est une plongée au cœur de la vie quotidienne d’une famille nomade de Mongolie. L’attention que porte la réalisatrice aux gestes familiers de la vie domestique confère au film une dimension documentaire, voire ethnographique, et mêle la réalité la plus matérielle aux croyances les plus ancestrales.
Le Chien jaune de Mongolie est un film dans lequel la nature est captée avec beaucoup de faste et de sensibilité, une nature grandiose qui est toujours en harmonie avec les hommes.
A travers le personnage de Nansa, une petite héroïne entêtée et courageuse, Le Chien jaune de Mongolie fait l’éloge de la curiosité des enfants et de la force de leur imaginaire.

Mots clés

Famille, vie quotidienne, déménagement, chien , nomade, maison, vacances, fugue, caverne, sauvages/apprivoisés, cercle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait du Point de vue. Cahier de notes sur...
écrit par Marcos Uzal

 

Le Chien jaune de Mongolie s’accorde au rythme de la vie d’une famille de nomades des steppes mongoles. Sa lenteur, son caractère contemplatif, sa simplicité narrative traduisent la perception de ses personnages. Ce rythme pourrait constituer pour le spectateur occidental, habitué à des actions et des récits plus complexes, un premier dépaysement. Et c’est l’une des principales qualités de ce film que de prendre ainsi le temps de s’attacher à des choses simples plutôt que de gonfler artificiellement le drame. Nous verrons que les antagonismes (entre le père et la fille, entre les éleveurs et les loups) servent ici à ancrer un récit mais ne sont pas au centre, car tout s’avère finalement emporté dans un même mouvement, appartenir à un seul et même grand cycle. Il s’agit au bout du compte, au-delà des oppositions relatives, de révéler une certaine harmonie du monde. Dans cette analyse, nous prendrons donc en compte la dimension spirituelle du film, les références au bouddhisme sur lesquelles il se fonde. Bien sûr, pour y être sensible, il importe peu d’être bouddhiste ou non, de croire ou non en la réincarnation. Tout film, quel que soit son point de vue, propose un rapport au monde et l’important est que celui-ci produise une forme singulière qui le rende partageable.

 

Une harmonie à trois niveaux

« Pour moi, affirme Byambasuren Davaa, le film a trois niveaux. D’abord, l’histoire écrite par Gantuya Lhagva. Un enfant veut un chien et son père n’est pas d’accord. C’est le premier niveau. C’est un récit universel auquel tout le monde peut se rattacher. Ensuite, il y a un niveau spirituel autour de la fable du chien jaune. C’est une légende que j’ai apprise quand j’étais petite. Ma grand-mère me la racontait. Enfin, il y a un aspect documentaire. Le film montre des tranches de réalité, les changements d’une culture et la vie quotidienne des nomades. »

1er niveau. Le film se situe donc d’abord dans un contexte culturel très spécifique tout en tendant vers une forme d’universalité. La simplicité du récit permet à la réalisatrice (qui vit en Allemagne) de s’adresser au plus grand nombre, à son peuple comme aux spectateurs lointains que nous sommes, aux adultes aussi bien qu’aux enfants. Ceux-ci s’accrocheront d’abord au film à travers des éléments classiques du cinéma pour enfants, contenus dans le conte : un autre enfant auquel s’identifier, un désaccord avec des adultes, un animal auquel s’attacher.

2e niveau. La minceur de l’histoire laisse une grande place à l’aspect documentaire, aux gestes domestiques qui tempèrent la dramatisation pour nous rapprocher au plus près de la vie quotidienne de ces nomades. Ces gestes familiers pour les protagonistes nous paraissent très loin des nôtres, et en même temps ils renvoient à notre propre quotidien, à nos propres nécessités: se nourrir, s’habiller, travailler, construire sa maison, jouer… Ils nous montrent la valeur de ces choses essentielles pour ces hommes à la vie précaire. Il est d’ailleurs frappant de voir combien les parents ne cessent de travailler, même lorsqu’ils sont avec leurs enfants, presque chacune de leurs apparitions les montrant accomplir une tâche vitale pour la famille. De la préparation d’un repas au démontage d’une yourte, le film accompagne ces actions avec une précision ethnographique, tout en étant très sensible à leur beauté visuelle (voir par exemple la façon dont la réalisatrice filme les tissus ou la charpente de la yourte).

3e niveau. Le niveau le plus complexe est ce que Davaa appelle « le niveau spirituel ». Il est explicité dans le rêve de Nansa qui évoque la conception de la vie et de la mort selon les bouddhistes, le cycle des réincarnations. Cette dimension apparaît dès l’ouverture du film (le père expliquant à l’enfant que « Tout le monde décède, personne ne meurt ») et revient à plusieurs reprises (notamment dans le rêve de Nansa et dans la scène où les enfants regardent les nuages).

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Captation d'une conférence de Claudine Le Pallec Marand

 


 

 

 

 

 


Cette captation est réalisée par le CDDP du Val-d’Oise dans le cadre du dispositif École et cinéma qui réunit en partenariat l’Inspection académique, les associations Écrans VO, Les enfants de cinéma, le CDDP et la Drac Île-de-France.

 

Petite bibliographie

Une version romancée du scénario du Chien jaune de Mongolie, mêlée à des souvenirs du tournage, a été éditée en Angleterre :
The Cave of the Yellow Dog, Byambasuren Davaa, Lisa Reisch, Virago, 2008.

 

On trouve des entretiens en anglais avec Byambasuren Davaa
sur les sites suivants
:

http://www.bbc.co.uk/films/
http://www.futuremovies.co.uk/

 

Sites proposant des dossiers pédagogiques sur le film :

http://chien-jaune.blogspot.com/
http://www.grignoux.be/dossiers/214/

 

La fiche sur Transmettre le cinéma

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