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Générique
À partir de 4 ans, de la GS au CM2.
Grande-Bretagne, 1963.
Réalisation : Don Chaffey.
Scénario : Jan Read, Beverley Cross.
Image : Wilkie Cooper.
Musique : Bernard Hermann.
Montage : Maurice Rootes.
Décors : Geoffrey Drake.
Effets spéciaux : Ray Harryhausen.
Producteur : Charles H. Schneer.
Producteur associé : Ray Harryhausen.
Production : Columbia Pictures, Morningside Productions.
Interprétation : Todd Armstrong (Jason), Gary Raymond (Acastus), Nial McGinnis (Zeus), Nancy Kovack (Médée), Nigel Green (Hercule), Laurence Naismith (Argos), Michael Gwynn (Hermes), Douglas Wilmer (Pélias), Jack Gwillim (Aétès), Honor Blackman (Hera), John Cairney (Hylas), Patrick Troughton (Phinéas), Andrew Faulds (Phalerus).
Distribution : Carlotta Films
Résumé
Invoquant Zeus, Hermès fait à Pélias une double prédiction : si l'invasion du royaume de Thessalie qu'il s'apprête à lancer à la nuit tombée sera couronnée de succès, l'un des enfants du roi assassiné lui reprendra bientôt le trône. S'il tue les deux filles, Philomèle et Briséis, Jason lui a déjà échappé et reviendra pour reprendre par la force le royaume de son père, chaussé d'une seule sandale selon Héra. Lorsque Jason secourt Pélias vingt ans plus tard d'une noyade, ce dernier le reconnaît ainsi aussitôt, mais pas le jeune homme qui lui avoue ses intentions avec imprudence. Afin de se débarrasser de lui, Pélias l'envoie d'abord chercher la Toison d'Or – une peau de bélier capable de guérir les maux de son peuple – et charge son fils Acaste d'intégrer l'équipage.
Bien qu'une déesse ne puisse habituellement aider que des femmes, Zeus autorise exceptionnellement Héra à porter cinq fois secours à Jason dans sa quête. Emmené sur l'Olympe par Hermès, Jason reçoit les conseils d'Héra qui lui indique qu'il trouvera la Toison d'Or en Colchide, mais il refuse l'aide de Zeus qui lui proposait un équipage et un navire. Il recrute ses hommes en organisant des jeux dont il choisit les vainqueurs. Précédé par sa réputation, Hercule n'a même pas besoin de concourir. Argos offre enfin son navire à Jason, qui le baptise Argo du nom de son constructeur, l'équipage prenant ainsi le nom d'Argonautes. De nombreux obstacles compliquent le chemin des Argonautes. Le manque de vivres et d'eau les forcent à un détour par l'île de Bronze, qu'aucun mortel n'a jamais abordée. Négligeant une mise en garde d'Héra, Hercule pille une chambre aux trésors gardée par Talos : le colosse de bronze les poursuit et coule l'Argo, avant d'être détruit par Jason qui l'attaque à la cheville. Ayant réparé leur navire, les Argonautes reprennent leur route pour rencontrer l'aveugle Phinéas. Mais celui-ci, en échange d'un conseil, leur demande de l'aider à se délivrer desHarpies par lesquelles Zeus le punit chaque jour d'un pêché. Une fois les créatures capturées, Phinéas leur révèle que le passage des Rochers Fracas mène en Colchide, et donne à Jason un pendentif censé les protéger pendant leur traversée. En le lançant dans l'eau, le dieu Triton apparaît pour retenir l'éboulement des rochers et permettre au navire d'en sortir indemne, à la différence d'un autre bateau, coulé avec son équipage, et dont Jason sauve l'une des passagères, Médée. Elle le conduit en Colchide auprès de son roi Aétès ; mais celui-ci a été prévenu des intentions de Jason par Acaste, et met les Argonautes en prison. À la nuit tombée, Médée drogue les geôliers, libère l'équipage et mène Jason, dont elle est tombée amoureuse, à la Toison d'Or. Dans la clairière qui l'abrite, Jason doit encore combattre une Hydre à sept têtes, puis, poursuivi par Aétès, des squelettes que celui-ci à fait apparaitre en lançant sur le sol les dents de l'Hydre tuée par Jason. Les Argonautes parviennent finalement à fuir avec la Toison. Zeus leur promet d'autres aventures.
Note d'intention
Réalisé par le peu connu Don Chaffey, Jason et les Argonautes est surtout l'œuvre d'un pionnier dans le domaine des effets spéciaux , Ray Harryhausen, qu’avait ébloui, adolescent, l’animation image par image du colossal Kong-Kong. Jason et les Argonautes doit pas seulement à Harryhausen une série de créatures inoubliables, mais aussi des variations constamment inventives de la relation, tant mythologique que cinématographique, des hommes aux dieux.
Mots clé
Peplum, aventure, trucage, magicienne, métamorphose, squelette, dieux, héros, voyance, mer
Haut en couleurs
Extrait du Point de vue du
Cahier de notes sur...
écrit par Antoine Thirion
« For the Greek, gods are just big people »
Ray Harryhausen
Jason et les Argonautes est certes un spectacle pensé avant tout pour le grand public. Mais son illustre récit invite néanmoins à tenter de comprendre quel lien, quel rapport est établi entre mythologie et cinéma, création artistique et divine. C’est précisément l’art de Ray Harryhausen – un artisanat plutôt – qui introduit dans le film des questions liées à la croyance, au rapport des hommes au sacré. Mais plutôt que d’en faire une relation invisible, ce rapport est montré de façon parfaitement immanente. Le sacré est débarrassé de tout glacis historique, pour apparaître dans une certaine puissance primitive – colosses malhabiles, squelettes à la démarche saccadée, harpies en pâte à modeler, et des dieux montrés comme de simples parents ou de vieux époux. C’est la grande force de Jason et les Argonautes que de faire ressurgir des questions antiques dans une visibilité renouvellée, à la fois spectaculaire et mal ajustée, brute et ouvragée.
Un mythe impur
Comme toute légende, celle de Jason, l’une des plus anciennes, s’est construite peu à peu, au gré de multiples versions complémentaires ou contradictoires. Lors de l’émergence de cette civilisation vers 2000 avant Jésus-Christ, les Grecs ont en effet repris des mythes antérieurs dans les religions d’Égypte et du Moyen-Orient, tout en en forgeant de nouveaux, telle la figure du demi-dieu Hercule.
Si Jason et les Argonautes reprend la trame globale de la saga – le voyage héroïque d’un mortel confronté à l’humeur changeante des dieux –, les noms des protagonistes ou des lieux traversés diffèrent si souvent que chercher leur origine devient un problème épineux, voire une véritable impasse. Si Ray Harryhausen et ses scénaristes ont tenté d’adapter la mythologie plus fidèlement que d’autres à la même époque, ils ont aussi veillé à ce que le résultat corresponde aux attentes d’un public large. L’idée d’une suite ne fut pas moins abandonnée en raison des recettes décevantes du film que parce que Médée se révèle, pendant le retour de Jason en Thessalie, un personnage sanguinaire. Alors que Ray Harryhausen expliquait avoir voulu apporter certaines modifications à la légende afin de respecter les règles classiques de la narration cinématographique et d’offrir aux spectateurs un spectacle inédit, la suite aurait nécessité une trahison pure et simple de la légende à laquelle il ne voulait pas céder. « La suite de l’histoire de Jason est tellement morbide : Médée tue ses enfants et jette leurs membres aux quatre vents ! Peut-être que le public d’aujourd’hui aimerait ça, mais à l’époque on ne pouvait vraiment pas le montrer. »
Il faut ainsi moins considérer Jason et les Argonautes comme l’adaptation d’un mythe que comme une nouvelle transformation d’un matériau déjà impur. Le film ne peut peut-être pas prétendre nous documenter de quelque manière sur la mythologie, mais les transformations apportées à celle-ci aident à comprendre certains aspects du projet de Ray Harryhausen. Par exemple, dans l’épisode de l’île de Bronze tel que le poète Apollonius de Rhodes l’a raconté au IIIe siècle, Hylas commet l’imprudence de se laisser séduire par une nymphe des forêts qui s’était jetée à son cou. Cet impair aurait paru peu vraisemblable au spectateur, à qui Hylas a été présenté comme un être particulièrement malin.
Petite bibliographie
Sur Jason et les Argonautes :
Ouvrage
Laure Gonthier, Jason et les Argonautes, in Ciné légendes n°6, Dreamland, novembre 2000.
Articles
Jerôme Larcher, « Les dieux sont tombés sur l’athlète », in Cahiers du cinéma, nº 552, décembre 2000.
Pierre Alferi, Des Enfants et des monstres, POL, 2003.
De Ray Harryhausen :
Film fantasy scrapbook, London, Tantivy Press, 1972.
Sur James Turrell :
Georges Didi-Huberman, L’Homme qui marchait dans la couleur, Paris, Éd. De Minuit, 2001.
Almine Rech / James Turrell, Rencontres 9, Almine Rech Éditions / Éditions Images Modernes, 2005.
Divers :
Jean-Louis Schefer, L’Homme ordinaire du cinéma, Paris, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, 2001.
Vidéographie
Jason et les argonautes, Gaumont Columbia Tristar, 2000.
La plupart des films sur lesquels Ray Harryhausen a collaboré sont disponibles en DVD, signalons la série des Sindbad, Les Trois Mondes de Gulliver et l’Ile Mystérieuse.



