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L’Homme invisible
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Générique

À partir de huit ans, du CE2 au CM2.

Version originale sous-titrée, 68 minutes.
Titre original : The Invisible Man.
Réalisation : James Whale.
Scénario : R. C. Sheriff, d'après H. G. Wells.
Image : Arthur Edeson.
Truquages et maquettes : John Mescall.
Effets spéciaux : John P. Fulton (optiques), Bob Lazlo (mécaniques).
Production : Carl Laemmle Jr.
Interprétation : Claude Rains (Jack Griffin), Gloria Stuart (Flora Cranley), William Harrigan (Dr Cranley)...
Distribution : Carlotta Films

Résumé

Jack Griffith, un jeune savant, a trouvé le moyen de devenir invisible mais n'arrive plus à retrouver la formule qui le rendra normal. Il se cache dans une auberge, semant la terreur parmi les habitants du village, puis allant jusqu'à tuer. Pendant ce temps, Flora sa fiancée, le Dr Cranley, père de celle-ci et le Dr Kemp, rival et collègue de Griffith, essayent de le retrouver… Ils ont compris que Jack pour se rendre invisible a avalé une drogue qui le rend fou de haine et le remplit du désir de puissance. Jack, toujours invisible, fuit, semant la panique, voulant « détruire le monde, pour mieux le dominer »… Comment arrêtera-t-on l'homme invisible ?

Note d'intention

L’Homme invisible, est un film inquiétant et magnifique qui, sous le couvert d’une aventure fantastique, donne accès à un monde où le pouvoir dessert le « mal ». Le noir et blanc, l’image profondément travaillée (chaque scène peut rester en mémoire), l’irruption d’éléments comiques dans une histoire somme toute tragique, la qualité des comédiens et bien entendu l’étrangeté de trucages raffinés, font de ce film une œuvre unique, très forte. Toutes les nuances du nouveau cinéma parlant y sont réunies et la puissance de la voix de Claude Rains (homme « invisible » pendant la quasi-totalité du film) prend une portée exceptionnelle.

Mots clé

Neige , noir et blanc, trucages, voix, monstre, son, altérité, métamorphose, course-poursuite, maléfique, héros

L'étrange homme du parlant

l'homme invisibleExtrait du Point de vue du Cahier de notes sur...
écrit par Charles Tesson

 

 

De tous les films à la charnière du muet et du parlant, L'Homme invisible est le plus riche et le plus profond. C'est dans le regard qu'il porte sur ce changement de nature technique que le film est à proprement parler, fantastique. Dans le muet, le corps est visible mais la voix inaudible. Dans le parlant traditionnel, le corps gagne sur les deux tableaux : on continue de le voir et on l'entend parler. Dans la version que propose le film, il en va tout autrement. Ce que le corps gagne d'un côté avec la voix, il le perd en raison de sa soudaine invisibilité. Soit on voit le corps sans l'entendre (le muet), soit on l'entend sans le voir. Problème de transfert par conséquent, la qualité du report optique s'accompagnant d'une déficience dans l'enregistrement des images. La voix de l'homme invisible émane d'un corps réel qui a le défaut ou l'avantage d'être imperceptible à l'œil. Ce corps vocal présent (le lieu de la voix) et absent, invisible, redouble la condition de la voix radiophonique. Le début du parlant, en plus de s'inspirer du théâtre, a surtout été subjugué par la puissance de la radio. En ce sens, L'Homme invisible est le contemporain du dispositif sonore de Mabuse du Testament et il annonce les dispositifs sonores explorés par Orson Welles, aussi bien à la radio (son adaptation de La Guerre des mondes, d'après H. G. Wells) qu'au cinéma.

Petite bibliographie

L’Homme invisible de H. G. Wells, Le Livre de Poche, 1992, n° 709 (Albin Michel, 1958).

— « James Whale », Les Classiques du cinéma fantastique, Jean-Marie Sabatier, Balland, 1973, pp. 386-389.

— « John P. Fulton », Les Classiques du cinéma fantastique, Jean-Marie Sabatier, Balland, 1973, p. 173.

— « L’Homme invisible », Dictionnaire du cinéma, Les Films, Jacques Lourcelles, Robert Laffont, « Bouquins », 1992, pp. 698-699.

— « L’Homme invisible », Jean-Claude Michel, L’Écran fantastique, n° 10, 1979, pp. 64-73.

— « Le cinéma comme site de l’homme invisible », Gérard Legrand, L’Invention de la figure humaine, Le cinéma : l’humain et l’inhumain, Cinémathèque française, 1995, pp. 147-158.

 

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