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L’Histoire sans fin
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Générique

À partir de cinq ans, de la GS au CM2.

Version française, 90 minutes.
Titres originaux : The Neverending Story, Die Unendliche Geschichte.
Réalisation : Wolfgang Petersen.
Scénario : Wolfgang Petersen et Herman Weigel, d'après le livre de Michael Ende.
Image : Jost Vacano, BVK.
Musique : Klaus Doldinger, Giorgio Moroder.
Sculptures : Ul de Rico, Colin Arthur.
Effets spéciaux, trucages optiques : Brian Johnson.
Chef décorateur : Rolf Zehetbauer.
Production : B. Eichinger, B. Schaefers.
Interprétation : Barret Oliver (Bastien), Gerald McRaney (son père), Thomas Hill (M. Koreander), Deep Roy (Teeny-Weeny, le Tout-Petit), Tilo Pruckner (Night Hob, l'Elfe des nuits), Moses Gunn (Cairon), Noah Hathaway (Atreyu).
Distribution : Warner Bros.

Résumé

Enfant rêveur, Bastien, dix ans, vit seul avec son père. Pour échapper à trois petits voyous, il se réfugie chez un étrange libraire à qui il ne peut s'empêcher d'« emprunter » un non moins étrange livre, orné d'un symbole. Arrivé en retard, Bastien file dans le grenier de son école et se plonge dans le livre. Dans le royaume de Fantasia, un mal mystérieux « le Néant » mange le pays. Le Mangeur de pierres, le Tout petit et l'Elfe des nuits sont en route pour la Tour d'Ivoire... où Cairon leur apprend que pour l'Impératrice malade « seul le jeune guerrier Atreyu pourra sauver le pays de la destruction ». Protégé par l'Auryn, emblème de l'impératrice, Atreyu part sur son cheval Artax vers l'ennemi inconnu. Bastien lit avec passion... Une bête féroce suit la trace d'Atreyu qui avance, Artax s'enlise et meurt dans les marécages et nombre de bizarres personnages croisent la route d'Atreyu… Le doux Falkor, dragon volant vient à son secours mais avant de retrouver la Petite Impératrice et que Bastien ne se glisse dans leur histoire, le jeune guerrier va devoir accepter le combat…

Note d'intention

L'Histoire sans fin, adaptation (partielle) du roman de Michael Ende, est considéré comme l'un des « classiques » de ces dernières années en ce qui concerne le cinéma fantastique à destination des enfants. L'entrée dans le monde de Fantasia par le biais d'un livre volé, pages ouvertes à tous les imaginaires, fonctionne très bien. Parcours initiatique d'Atreyu, parallèle à celui de Bastien, construction du mythe œdipien, références de Petersen à la peinture, rencontre avec des personnages de contes, grand renfort d'effets spéciaux… Une évidente parenté avec les Mowgli, Nils, Alice… et autres jeunes héros de littérature qui ont fait eux aussi un voyage fantastique.

Mots clé

Aventure, tableau , bataille, envol, conte, rêve, cri, cheval, livre, effets spéciaux, dragon

Entre conte et mythe

L’Histoire sans finExtrait du Point de vue du Cahier de notes sur...
écrit par Pascal Vimenet

 

 

Dès l'ouverture, le film hésite entre conte et mythe. Si le rapport entre Bastien et le livre qui décline L'Histoire sans fin inscrit la découverte initiale de Fantasia dans l'univers des contes de fées, l'apparition du Mangeur de pierres, involontaire hérault du Néant, de l'entropie du récit, du Chaos, rejette le royaume imaginaire plutôt du côté du mythe. Lointain écho de la Théogonie d'Hésiode (généalogie des dieux qui confirmera le triomphe de Zeus sur les forces du désordre) où, dans un premier temps, les deux principes opposés et irréconciliables – la Terre et le Chaos sont confrontés au principe d'union – l'amour. […] Toutefois, Bastien, en rejoignant la Petite Impératrice, range, semble-t-il, le film plutôt du côté du conte de fées, si l'on en croit Bruno Bettelheim, qui insiste sur le fait que « le héros du conte de fées, lui, épouse une femme à peu près du même âge que lui. Cela signifie que le héros du conte, quel que soit l'attachement qu'il a pu éprouver envers ses parents, a réussi à la transférer à un partenaire non œdipien et donc plus approprié…*»

*Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, Robert Laffont, coll. « Pluriel ».

Autour du film : un déluge d'effets spéciaux

Le nom de Wolfgang Petersen (il est né en Allemagne en 1941) commence à être connu en France. Sa filmographie traite en général de sujets d'aventure. C'est encore le cas du dernier titre en date, Air Force One (1997). C'est aussi un film d'aventure qui l'a fait connaître hors des frontières allemandes (Le Bateau, 1981) – l'une des plus grosses recettes internationales du cinéma allemand.

Les jeunes comédiens
Le choix du casting et la direction d'acteurs attirent d'abord l'attention. Deux jeunes acteurs en sont la symbolisation : Noah Hathaway (Atreyu) et Tami Stronach (la Petite Impératrice). Si l'un et l'autre, surtout Noah Hathaway, sont passés à la « moulinette » de ce qui fait les jeunes carrières d'acteurs aux États-Unis (les écoles dès le plus jeune âge, les participations à des séries télévisées), ils parviennent en partie à échapper aux clichés dans lesquels ils auraient pu être totalement enfermés.

Noah Hathaway, né en 1971 dans le New Jersey, a été choisi par Petersen parce qu'il lui fallait un jeune garçon débrouillard et athlétique. Son origine indienne et sa pratique de nombreux sports faisaient de lui, aux yeux du réalisateur, le candidat idéal. Atreyu est particulièrement convaincant, en effet, lorsqu'il chevauche Artax ou lorsqu'il tente de le sauver. Il l'est beaucoup moins lors de la scène d'intronisation du jeune héros, où l'archétype l'emporte. Le cas de Tami Stronach est différent. C'est sa première apparition à l'écran. Elle avait alors onze ans. Elle a, dans le film, toute l'ambiguïté d'une femme-enfant. Elle donne raison à Petersen, qui disait « je voulais une jeune actrice, d'une beauté exceptionnelle, avec une présence magique et intemporelle ».

Deux cents artistes et techniciens
En tournant esssentiellement aux studios Bavaria de Munich, « l'un des studios les plus modernes d'Europe », Wolfgang Petersen renouait avec une tradition allemande que l'on croyait tombée en désuétude. Tradition qui peut rappeler les débuts du cinéma allemand, l'époque où les grands drames historiques, notamment, nécessitaient d'importantes constructions de décors.
Les décors du film sont évidemment un élément essentiel de sa gigantesque machinerie. Deux cents artistes et techniciens y ont travaillé deux ans durant, parmi lesquels Brian Johnson (Oscar pour Alien et L'Empire contre-attaque) et Colin Arthur (effets spéciaux de 2001, l'Odyssée de l'espace). Principal décor du film : la Tour d'Ivoire. Sa seule terrasse couvrait une surface de 2 000 m2. Le directeur de la photographie, Jost Vacano, insiste sur les effets employés : « Le film contient 300 plans à "fond bleu", de nombreuses peintures sur verre, des prises de vues assistées par ordinateur, et bien d'autres effets…» Il évoque aussi le travail effectué autour de certains des personnages. Falkor, par exemple, mesurait quinze mètres de long, pour une tête sculptée de un mètre sur un mètre, et le tout
était recouvert de 6 000 écailles brillantes…

 

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