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Générique
À partir de huit ans, du CE2 au CM2.
Version originale sous-titrée, 82 minutes.
Titre original : The Boy With Green Hair.
Scénario : Ben Barzman et Alfred Lewis Levitt, d’après une nouvelle de Betsy Beaton. Réalisateur : Joseph Losey.
Image : George Barnes.
Décors : Darrell Silvera et William Stevens.
Costumes : Adele Balkan.
Musique : Leigh Harline. Montage Frank Doyle.
Production : RKO (Dore Schary).
Interprétation : Dean Stockwell (Peter), Robert Ryan (Dr Evans), Pat O’Brien (Gramp), Barbara Hale (Miss Brand), Richard Lyon (Michael), Walter Catlett (le Roi), Samuel S. Hinds (Dr Knudsen).
Distribution : Archeo Pictures.
Résumé
Dans un commissariat, un petit garçon affamé, au crâne rasé, raconte son histoire au Dr Evans. Depuis le départ de ses parents Peter est allé de maison en maison, recueilli par les uns et les autres, jusqu'à son arrivée chez Gramp. Avec le vieil homme, ancien comédien, l'enfant réapprend ce qu'est un foyer et retrouve de la tendresse. À l'école de la petite ville, il trouve sa place dans la classe de Miss Brand. Lors d'une exposition sur les orphelins de guerre, Peter a un choc en découvrant que ses parents sont morts. Puis, un matin, il se réveille avec les cheveux verts. Le regard que le monde porte sur lui change alors complètement. Devenu étrange et étranger, il éveille la curiosité, l'agressivité… Gramp se décide à le faire tondre. Peter supporte l'épreuve puis s'enfuit. Gramp et l'institutrice viennent le chercher. Gramp donne alors à Peter la très belle lettre que son père lui avait écrite avant de mourir. Le vieil homme et l'enfant rentrent au foyer, unis.
Note d'intention
Le Garçon aux cheveux verts filmé en superbe Technicolor (important à faire découvrir aux enfants plus habitués aux couleurs actuelles) a longtemps été représentant d’un cinéma « antiraciste » : il est surtout l’histoire d’une personnalité qui se constitue. Dans une petite ville américaine tranquille et un après-guerre menaçant – avec déjà les jalons de ce qui deviendra le maccarthysme – Peter affronte le monde et lui même, avant de se reconnaître. « Le parti final est tout aussi clair : l’enfant a subi avec succès le rite d’intégration, il a accédé au stade de la culture et de la loi ; il a choisi de le faire, héroïquement, sans renoncer à ce que ses voix lui ont prescrit […] ». Enfants et adultes s’y reconnaîtront.
Mots clé
Altérité, grand-père, ville, guerre, peur , seul, exclusion, courage, couleur, rêve, chevelure
Il était une fois…
Extrait du Point de vue du
Cahier de notes sur...
écrit par Jacques Aumont
Le film raconte donc, en fin de compte, simplement le passage de l’enfance à autre chose que l’enfance, et la lutte, dans ce passage et pour s’en rendre maître, entre plusieurs puissances : celle de la société civile, avec ses faiblesses, ses certitudes mesquines, mais aussi sa sécurité ; celle de la société angélique des forces du bien et du vrai, avec ses âmes et ses mains pures – mais aussi, son absence de mains ; celle de la Nature, au sein de laquelle incessamment l’enfant est tenté de se replonger. Les cheveux verts sont le déclencheur – apporté par le vent du hasard, comme de petites graines invisibles – à partir duquel ces puissances vont pouvoir se manifester, conflictuellement. La société des hommes n’a à proposer qu’une chose, un rite collectif, purificateur et initiatique, dont le film évoque deux variantes, sauvage et spontanée, dans la clairière, ou organisée et civilisée, dans un lieu de rencontre civile (voire civique), le salon de coiffure. Les anges de la Paix, eux, offrent un autre passage, une autre façon de grandir : devenir prophète et témoin ; s’exclure volontairement du social pour sauver le monde ; devenir pur, coïncider avec une volonté et un principe.
Petite bibliographie
Sur Joseph Losey
— Michel Ciment, Le Livre de Losey, Stock, 1979 ; édition revue et augmentée, Ramsay-
Poche, 1986.
— Joseph Losey, L’OEil du maître. Textes réunis et présentés par Michel Ciment, Lyon/Arles, Institut Lumière/Actes Sud, 1994.
Sur The Boy With Green Hair
— J. Losey, « Regarde, Maman, pratiquement pas de noir et blanc ! » (1948) et « Ainsi vous voulez que votre enfant soit acteur ! » (1948), tous deux dans Losey, L’Œil du maître.
Sur l’« inquisition » à Hollywood
— L’étude la plus documentée reste celle de Larry Ceplair et Steven Englund, The Inquisition in Hollywood : Politics in the Film Community, 1930-1960, Anchor Press, 1980, (malheureusement non traduit).
En français, deux ouvrages récents et intéressants permettent une première approche :
— Gilles Laprévotte, Michel Luciani et Anne-Marie Mangin, La Grande Menace : le cinéma
américain face au maccarthysme, Amiens, Trois Cailloux, 1990.
— Thom Andersen et Noël Burch, Les Communistes de Hollywood, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1994.
Sur le système des studios hollywoodiens
— Douglas Gomery, L’Âge d’or des studios, trad. fr., Cahiers du cinéma-Éditions de l’Étoile, 1987.
— Il existe en langue anglaise beaucoup d’autres travaux, plus détaillés et plus complets. Pour ceux qui y auraient accès, signalons notamment David Bordwell et al., Classical Hollywood Cinema. Film Style & Mode of Production to 1960, New York, Columbia University Press, 1985.
Sur le Technicolor
— Jean-Loup Bourget, « Esthétiques du Technicolor », dans J. Aumont (dir.), La Couleur en cinéma, Paris-Milan, Cinémathèque française-Mazzotta, 1995.


