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Contes Chinois
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Génériques

À partir de 4 ans, de la MS au CE1

Les Têtards à la recherche de leur maman

Chine – 1980 – 15 minutes – animation – version française.
Réalisation : Te Wei.
Directeur artistique : Qian Jiajun.
Dessins personnages : Hu Jinqing.
Animation : Tang Cheng, Yan Dingxian, Dai Tielang, Lin Wenxiao, Pu Jiaxiang, Yang Suying…
Photographie : Duan Xiaoxuan, You Yong, Wang Shirong.
Décors : Zhang Shaoru, Fang Pengnian.
Musique : Wu Yingju.

L’Épouvantail

Chine – 1985 – 10 minutes – animation – sans paroles.
Réalisation : Hu Jinqing.
Dessins (personnages) : Hu Jinqing.
Animation : Wu Yunchu, Wang Ronhzhen, Xu Jianping, Mu Duo.
Photographie : Chai Lianfang.
Musique : Wu Yingju.

Les Singes qui veulent attraper la lune

Chine – 1981 – 10 minutes – animation – sans paroles.
Réalisation : Zhou Keqin.
Direction artistique : Ah Da.
Animation : Sun Nengzi, Xu Xiaoming, Zhu Shuqin.
Photographie : Jiang Youyi.
Musique : Wu Yingju.

Les Trois Moines

Chine – 1980 – 20 minutes – animation – sans paroles.
Réalisation : Ah Da.
Dessins (personnages) : Han Yu.
Animation : Ma Kexuan, Fan Madi, Zhuang Minjin, Xu Xuande, Qin Baoyi.
Photographie : You Yong.
Décors : Chen Nianxi.
Musique : Jin Fuzai.

Impresssion de montagne et d’eau

Chine – 1988 – 19 minutes – animation – sans paroles.
Réalisation : Te Wei, avec le concours de Yan Schanchun et Ma Kexuan.
Scénario : Wang Shuchen.
Dessins (personnages) : Wu Shanming.
Technique du lavis animé : Duan Xiaoxuan.
Animation : Sun Zongqing, Yao Xin, Lu Chengfa, Xu Jian-guo, Jin Zhongxiang.
Photographie : Duan Xiaoxuan, Lou Ying.Musique : Jin Fuzai.

Résumés / notes d'intention

Les Têtards à la recherche de leur maman

Au fond d'un paisible étang viennent de naître des dizaines de petits têtards qui partent à la recherche de leur mère-grenouille. Chemin faisant, ils rencontrent successivement des poussins, des crevettes, des poissons d'or, un crabe, des tortues et même un poisson-chat un peu bougon. Au fur et à mesure, ils dressent enfin le portrait robot de leur maman : « Elle a de grands yeux, un ventre blanc et quatre pattes »…Mais eux constatent qu'ils ne se reconnaissent pas dans cette description. Et pourtant « les enfants ressemblent à leurs parents » leur répète-t-on ! « Tel père, tel fils » (en chinois : « You qifu biyou qizi »).

L’Épouvantail

Au bord de son étang, un brave éleveur de poissons essaie de se protéger de la gourmandise de deux pélicans à la fois effrontés et gloutons, qui pillent sans vergogne le fruit de son travail. Il fabrique un épouvantail, dont se moquent rapidement les deux volatiles. Il se déguisera alors lui-même en épouvantail pour capturer les deux oiseaux repus, devenus peu méfiants. « Tel est pris qui croyait prendre. » La Fontaine (Le Rat et l'huître) « Patience et longueur de temps, Font plus que force ni que rage. » La Fontaine (Le Lion et le rat / La Colombe et la fourmi).

Les Singes qui veulent attraper la lune

Par une belle nuit claire, un groupe de singes essaie d'attraper la lune. Après avoir décidé de grimper les uns sur les autres, ils constatent qu'ils ne pourront pas l'atteindre si facilement. C'est alors que l'un d'eux, voyant l'astre de la nuit se refléter dans une mare, persuade ses amis de la capturer à la surface de l'eau. Mais la lune sera toujours la lune, inaccessible et rassurante, toujours accrochée au ciel.
« Les singes pêchent la lune dans l'étang, mais ne prennent rien. » (proverbe chinois)
« Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. » (proverbe indien).

Les Trois Moines

Mise en image très simple, mais très drôle, de ce proverbe chinois ancien traditionnel :
« Un moine seul porte deux seaux, deux moines ne portent plus qu'un seau et quand ils sont trois, ils manquent d'eau ». Un dessin animé de type « classique » à la gouache (et à l'aquarelle) réalisé à partir de peintures de l'artiste contemporain Han Yu. Une fable curieuse, sans paroles, qui mêle trouvailles visuelles et musiques bouddhiques sacrées. Une incitation à écouter l'autre en mettant de côté tout égoïsme stupide. Même si « charité bien ordonnée commence par soi-même », finalement « l'union fait la force », autrement dit en Chine : « Lorsqu'un troupeau de moutons est uni, le loup n'ose l'attaquer ».

Impresssion de montagne et d’eau

Pour le remercier de lui avoir porté secours sur le chemin vers son village dans la montagne, un musicien très âgé initie un tout jeune garçon à son art de la cithare. Une profonde amitié naît entre eux, jusqu'au jour où le vieil homme, après lui avoir fait don de son propre instrument de musique, s'évanouit dans les brumes du paysage … À jamais ? Une œuvre élégante, paisible et sereine, où se marient subtilement la musique traditionnelle (cithare et orgue à bouche) et la peinture raffinée, dite « Montagne et eau ». Un véritable panorama de la culture chinoise élaboré selon la technique du « lavis animé », à l'encre de Chine et à l'aquarelle, mis au point par Te Wei lui-même en 1960 avec Les Têtards à la recherche de leur maman.

« Mieux vaut transmettre un art à son fils, que de lui léguer mille pièces d'or.»

Mots clé

Conte , bestiaire, fable comique, sauvages/apprivoisés, nature, apprentissage, tableau

Des histoires sans paroles

Contes ChinoisExtrait du Préambule du Cahier de notes sur...
écrit par Christian Richard,
assisté d’Anne-Laure Morel.

 

 

« Celui qui sait ne parle pas.

Celui qui parle ne sait pas. » Lao-Tseu

« Trop de paroles tue l'action. »

« Trop de glue ne colle plus. »

 

Excepté Les Têtards à la recherche de leur maman, le plus ancien des courts métrages sélectionnés (créés à l'origine expressément pour être montrés dans des salles de cinéma, même si leur diffusion en public a concerné principalement les grands festivals internationaux spécialisés dans l'animation, où ils ont d’ailleurs été très remarqués), toutes les œuvres présentées sont sans paroles, mais dotées de bandes son d'une très grande richesse et d'une belle inventivité musicale. Elles ont donc été conçues pour être accessibles/ressenties de manière universelle, par delà les systèmes linguistiques. À l'instar de Chaplin, Jacques Tati ou d’autres grands maîtres de l'animation (re)découvertsces dernières années au festival de films Pour éveiller les regards à Aubervilliers, comme Norman McLaren avec Jeux d'images en 1993, Tezuka Osamu avec La Légende de la forêt en 2002 ou dernièrement Paul Driessen avec Des histoires pas comme les autres en 2004, leurs auteurs vont à contre courant, sans violence, de l'attitude passive et pavlovienne du spectateur conditionné (on pourrait dire de manière ironique dès la vie intra-utérine !) par la présence systématique et objectivement rassurante d'un commentaire descriptif et redondant de l'image. Elles s'opposent donc à la pratique dominante de la réception de produits « audio-visuels » imposés aujourd'hui par la télé, dont les enfants sont abreuvés dès l'âge du biberon.

Ces courts métrages chinois sollicitent de la part du spectateur une concentration peu usitée, l'incitant sans retenue à faire fonctionner son imagination, lui offrant la liberté de construire ses propres histoires au gré de sa propre interprétation. Une attitude
« pédagogique » très saine, mais aussi peut-être très déroutante, à l'encontre de ce que vivent petits et grands aujourd'hui habitués à « zapper » sporadiquement l'image de leur téléviseur : on peut en effet facilement aller ouvrir une porte, faire la cuisine, la vaisselle, répondre au téléphone (sacré portable !), ou se soulager… Même si l'image du récepteur n'est plus présente quelques instants, le son, d'une pièce à l'autre, entretient le lien et continue de diffuser l'information basique qui permet de ne pas perdre le fil de « l'histoire » … Ce qui est hélas concevable pour un téléfilm ne peut pas s'appliquer à une œuvre cinématographique digne de ce label que l'on ne peut réduire, pas plus qu'un roman ni un poème, à un simple argument ou à la trame de l'histoire qu'elle raconte…

Aussi, le caractère inhabituel, déroutant (et devenu contrenature !) requérant une attitude active (et non plus passive, dépouillée de sa forme adjuvante inutile) doit être souligné lors des projections.

Pour preuve, à la fin d'une copieuse présentation du film de Chaplin Le Cirque, annoncé comme comique (drôle), mais sans paroles, cette question angoissée d'une petite de CE1 : « Monsieur, mais comment on va faire pour rire, s'ils ne parlent pas ? ». À l'issue de la projection, 1h10 plus tard, constat et explication évidente de la même, soulagée d'avoir bien ri : « Ben, y avait qu'à regarder ce qu'on voit… et puis d'écouter les musiques ! »…

Bibliographie sélective

– Marie-Claire Quiquemelle, Les Frères Wan et 60 ans de dessins animés chinois, Centre international du cinéma d'animation, Festival d'Annecy, 1985.
– Qi Baishi, Le Génie paysan, You Feng Librairie, Coll. « Les 1000 maîtres de la peinture chinoise », Paris, 2005.
– Liliane Borodine, La Symbolique dans la peinture traditionnelle asiatique, You Feng Librairie, Paris, 2004.
– François Cheng, Vide et plein, Le Seuil, Paris, 1991.
– François Cheng, L’Espace du rêve. Mille ans de peinture chinoise, Phébus, Paris, 1980.
– Collectif, Les Grandes Religions, Place des Victoires, Paris, 2005.
– Roger Darrobers, Proverbes chinois, Seuil, Coll. « Points », Série « Sagesse », Paris, 1996.
– Patricia Guillermaz, La Poésie chinoise. Des origines à la révolution, Seghers, 1957.
– Tuan Keh-Ming, Peng Chang Ming, L’Esprit de l’encre, You Feng Librairie, Paris, 1998.
– Lucie Rault, Musiques de la tradition chinoise, Actes Sud, Coll. « Cité de la musique », Paris, 2000. (DVD inclus).
– Shanghaï Museum Chinese Painting Gallery, Guide illustré, Shanghaï, 2003.
– Interview à Aubervilliers de Jin Guoping (président du Studio d’art de Shanghaï) et de Zhou Keqin, tous deux invités du Festival de films Pour éveiller les regards en novembre 2003, in Zéro de conduite, (Revue de l'Union française du film pour l'enfance
et la jeunesse), n° 52, janvier 2004.
La Môme singe, CD Night and Day, Sergent Major Cy Ltd, France, 1997. (Bande originale du film de Wang Xiao-Yen).

 

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Les enfants de cinéma

 

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