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Générique
À partir de 5 ans, de la GS au CM2. 82 minutes, couleur (Eastmancolor).
Roger Pigaut et Wang Kia Yi, France-Chine, 1958, couleurs
Réalisation : Roger Pigaut
Coréalisation : Wang Kia Yi
Scénario et adaptation : Roger Pigaut, Antoine Tudal, Wang Kia Yisur une idée originale de Roger Pigaut
Dialogues : Antoine Tuda
Conseiller artistique : Pierre Prévert
Photographie : Henri Alekan
Assistants-opérateurs : Pierre Lhomme, René Chabal
Scripte : Jeanne Witta.
Décors : Claude Moesching.
Effets spéciaux : Yu Yi Zou.
Musique : Louis Bessières.
Musique chinoise : Tuan Se Tchung
Son : W.R.Sivel, J.C. Marchetti, Tchen Yen Hs
Montage : Marinette Cadix
Directeur de production : Yves Laplanche
Coproduction : Garance, Tourane-Films SA, Cocinor,Studio de Pékin
Producteur délégué : Garance
Distribution : Tamasa Distributions
Interprétation : Les enfants: Patrick de Bardine (Pierrot),Sylviane Rozenberg (Nicole), Gérard Szymanski (Bébert), Monique Hoa(Monique), Georges Desplaces (Fontan), Henri Blanchard (Lévêque), Alain Astié (Jollivar), Raphaël Hassan (Nono), Jacques Faburel (Lajoie), Claude Bougis, Jacques Kubista, Sylvana, Tchen Ming Tchen, Lou P'Ung, Yuang Di Wang. Les adultes : Gabrielle Fontan (la concierge), Claire Gérard, Annie Noël (la voisine acariâtre), Guy Delorme (le sergent), Zhang Chunhua (Souen Wou Kong)
Prix : Comité français du cinéma pour la jeunesse (1958), Exposition universelle de Bruxelles (1958), Festival deKarlovy-Vary (1958) : prix de la meilleure photographie.
Résumé
Dans le quartier parisien de Montmartre, à la fin des années cinquante, une bande d'enfants d'une dizaine d'années est dirigée par Pierrot, qui a la charge de sa petite sœur, Nicole. Ce sont les vacances d'été et un jour la bande découvre un magnifique cerf-volant, échoué sur le sommet d'un arbre. Une rivalité naît entre eux pour s'en emparer : Bébert et Jollivar font dissidence pour trouver eux-mêmes une solution... Pierrot et ses amis, en possession du cerf-volant, trouvent, cachée à l'intérieur, une lettre écrite en chinois. Un antiquaire du quartier la leur traduit : celle-ci a été écrite par un garçon chinois de leur âge, Song Siao Tsing, qui vit à Pékin et aimerait qu'on lui réponde vite. L'antiquaire leur apprend aussi que le personnage peint sur le cerf-volant n'est autre que Souen Wou Kong, le Roi des Singes, personnage célèbre dans nombre de vieilles légendes chinoises. Pierrot rêve que Souen Wou Kong le transporte en Chine, avec Nicole, d'abord à l'époque des Empereurs, puis de nos jours, en plein centre de Pékin, à la recherche de Song SiaoTsing, et dans l'espoir de rencontrer un nouvel ami. Mais à Pékin, Pierrot retrouve Bébert en travers de son chemin, bien décidé à l'empêcher de retrouver Song. Comme à Montmartre, Pierrot va prendre la tête d'une nouvelle bande, composée cette fois d'enfants chinois. Il est aidé par Monique, une fillette chinoise qui, à sa grande surprise, parle un excellent français... Pierrot va-t-il retrouver Song Siao Tsing ? De Pékin à Paris et par-dessus les toits du monde, le cerf-volant remplira-t-il sa fonction de messager ? Et comment Souen Wou Kong, acrobate et magicien, aidera-t-il les enfants français et chinois dans leur désir de se connaître ?
Note d'intention
Le Cerf-volant du bout du monde, sans être un chef-d'œuvre, s'inscrit avec bonheur dans un cinéma poétique, et si le dialogue peut sembler pour les adultes un peu « daté », le jeu des petits comédiens et la très belle photo de Henri Alekan rattrapent bien vite cette impression. Voyage initiatique vers une autre culture, un autre monde, le film de Roger Pigaut oppose Paris/Pékin en les mettant en relation, en parallèle : il en sort une identité enfantine, un air de « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main », qui par les temps actuels n'est, de loin, pas à dédaigner. Le mélange du rêve et de la réalité, les couleurs magnifiques, la tignasse rousse de la petite Nicole, font le reste…
Mots clé
Voyage, rêve, trucages, langue étrangère, cuisine, musique , bande, magie, envol, Est/Ouest, escaliers
Que cent fleurs s’épanouissent !
Extrait du Point de vue.
Cahier de notes sur...
écrit par Gérard Lefèvre
Vu aujourd'hui, Le Cerf-volant du bout du monde garde une certaine fraîcheur, une qualité qui persiste malgré la naïveté de son propos d'ensemble. Le film nous parle d'amitié, de solidarité, de coopération entre les enfants vivant dans des pays aussi éloignés que peuvent l'être la France et la Chine, « du bout du monde ». À la sortie du film, c'est le critique communiste Georges Sadoul qui écrivait dans Les Lettres françaises du 26 décembre 1958 : « Et il passionne aussi les adultes, en leur donnant à découvrir la plus grande partie du monde, la plus peuplée, la plus mal connue et la plus attirante. » Quarante ans après cette réalisation, notre regard sur la Chine s'est enrichi de ces dizaines d'années d'histoire qui ont bouleversé les idéologies. Nous avons appris à être moins crédules, peut-être aussi moins manichéens, à nous méfier de ceux qui prônent les lendemains qui chantent. Lorsque le Mur de Berlin est tombé, en1989, il a sans doute mis un terme définitif à la mise en pratique d'une idéologie déjà bien moribonde, et cela quelques mois après la répression sanglante des manifestations de la place Tian An Men à Pékin. Plutôt que chercher, de manière presque compulsive à nous tourner vers quelque pays-modèle, nous essayons tant bien que mal de refonder nos valeurs sur le terreau qui est le nôtre. Néanmoins, nous pouvons éprouver de la sympathie à l'égard d'un film qui, certes, est daté, mais dont les valeursn'ont pas vieilli. Il n'y a pas si longtemps qu'en France le « Tous ensemble » résonnait agréablement comme un idéal qui perdure. Le film résiste encore aujourd'hui, par sa lumineuse photographie (Henri Alekan), son choix des cadrages et la présence d'une musique inspirée (Louis Bessières) plus que par la mise en scène proprement dite ou sa direction d'acteurs. Le réalisateur, honnête artisan, a eu le grand mérite de s'entourer de collaborateurs talentueux et d'orchestrer un véritable travail d'équipe. Au crédit du film aussi, il faut ajouter l'excellent parti pris d'inscrire dans sa réalisation même la langue chinoise, à la fois comme partition musicale et comme élément dramaturgique qui permet aux spectateurs de partager intimement la difficulté des enfants à se comprendre par le seul langage parlé, avant de trouver une fillette chinoise bilingue. Le fait de ne pas sous-titrer la partie filmée en Chine procède de ce choix artistique.
Bibliographie et documents
Sur le film
— Le Singe pèlerin (ou Le Pèlerinage d'Occident), Si Yeou Ki Wou Tch'eng En (traduction française), Petite Bibliothèque. Payot/Documents 109, Paris, 1951, 1980, 1992. Principale source du film.
— Dossier « Collège au cinéma » (CNC).
— À la découverte du cinéma, l'histoire du film de Roger Pigaut, par Hubert Arnault, Claude Cobast et Jacqueline Lajeunesse, Éd. de la Ligue française de l'enseignement/Ufoleis, Paris, 1964. Magnifiquement illustré. Les auteurs s'appuient sur la narration du tournage pour faire découvrir aux enfants tous les métiers du cinéma et différents termes techniques.
— Le Cerf-volant du bout du monde, Album photo, Hachette, Paris, 1964. Très illustré,
le « film raconté aux enfants ».
— Des lumières et des ombres, Henri Alekan, Éd. du collectionneur, Paris, 1991. Deuxième édition revue et augmentée de l'ouvrage écrit par Alekan, chef opérateur du film, un véritable « peintre des lumières ».
Sur la Chine
— La Chine (tome I, 1949-1970), Jean-Luc Domenach et Philippe Richer, coll. « Points Histoire », Seuil, Paris, 1987. Le livre référence sur la Chine.
— De la Chine, Maria-Antonietta Macciocchi, Seuil, Paris, 1972. Témoignage de l'engagement qu'a provoqué la Chine de Mao chez les intellectuels des années soixante…
— Le Cinéma chinois, Régis Bergeron, Éd. Alfred Eibel, Paris, 1977-1985. Somme sur le cinéma chinois.
Consulter également le chapitre rédigé par R. Bergeron in Dictionnaire du cinéma sous la
direction de J.-L. Passek, vol. 1, pp.400-406, Larousse, Paris, 1996.
Filmographie
— Dimanche à Pékin, Chris Marker, 1955.
— Comment Yukong déplaça les montagnes, Joris Ivens et Marcelline Loridan, 1976.
— Le Roi des Singes, Wan Lai Ming, 1961 et 1964 (cassette vidéo éditée par Les Films de l'Atalante).
— Le Cerf-volant du bout du monde, cassette vidéo éditée par Gaumont-Columbia-Tristar, EDV 13 (il manque une dizaine de minutes du film – voir note dans le Déroulant).
Sur les cerfs-volants
— Cerfs-volants chinois, Wang Hongxuan, édition chinoise, Salon du livre de Paris, 1989.
— L'Art du cerf-volant, Wolfgang Schimmelpfenning, Éditions Dessain et Tolra, 1988.
— Les Cerfs-volants, Éd. du Chêne-Hachette, Paris, 1996.
— Le Cerf-volant pratique, Gérard Clément, Éditions Italiques.
Pour toute information concernant les clubs où apprendre, pratiquer, échanger, les
lieux de vol, les rencontres régionales, nationales, les conseils de choix de matériel, accessoires, outillage, fabrication, contacter entre autres :
— Fédération française de cerf-volant, 6 rue Galilée, 75008 Paris.
— Cerf-volant Club de France, BP 186, 75623 Paris cédex 13.
— I comme Icare, 51 quai Valin, 17000 La Rochelle.
— Paimpol V, Z.A. de Kerfot, 22500 Paimpol.
— Droit de vent (Christophe Chéret), 39 Rés. Vaucouleur, 91940 Les Ulis.
— Vire-Vole, 31 rue Raymond-Losserand, 75014 Paris.



