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Le Bonhomme de neige
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Générique

À partir de 4 ans, de la MS au CP

Dianne Jackson, Grande-Bretagne, 1982, couleurs.

Scénario librement développé par Dianne Jackson, Hilary Audus et Joanna Fryer à partir de l’album de Raymond Briggs, The Snowman.
Produit par John Coates, Snowman Enterprises pour TV Cartoons et Channel Four.
Tourné dans les studios de la TV Cartoons à Londres.
Réalisation : Dianne Jackson.
Assistant de réalisation : Jimmy T. Murakami.
Musique : Howard Blake.
Paroles de la chanson Walking In The Air : Peter Auty.
Storyboard : Dianne Jackson, Hilary Audus, Joanna Fryer.
Animation : Roger Mainwood, Eddie Radage, Joanna Fryer, Dave Livesy, John Offard, Alan Ball, Arthur Button, Hilary Audus, Tony Guy.
Séquences de vol : Stephan Weston et Robin White.
Fonds : Mickaël Gabriel, Tancy Barron, Paul Shardlow, Joanna Fryer.
Traitement de l’image : Rebecca Barclay, Jan Skelsey, Lucy Humphries.
Coloriage : Rank Film Laboratories.
Prises de vue : Peter Turner, Roy W. Wartford, ChrisAshbrook…
Montage : Gary Murch.
Son : John Richards (C.S.T Wembley). Orchestre symphonique de Londres dirigé par HowardBlake.
Voix : David Bowie.
Chant : Aled Jones, soprano.
Distribution : Grands films Classiques.

Résumé

« Tout commence par une image photographique de la campagne en hiver. Un homme s’y promène sous un ciel tourmenté. » Une voix masculine, d’adulte, raconte : « Un jour, il s’était mis à neiger, à neiger comme je ne l’avais jamais vu.Toute la journée, puis toute la nuit, la neige a continué de tomber. Le lendemain, je me suis réveillé dans une chambre emplie de lumière et de silence. Le monde entier semblait immobile, comme dans un rêve. C’était sûrement le début d’une journée magique. J’ai décidé de construire le bonhomme de neige.» Puis, le paysage photographié devient dessin. Dans une maison isolée, un petit garçon se réveille, découvre la neige du matin, se précipite dehors et façonne jusqu’au soir un immense bonhomme de neige. Comme il peine à s’endormir, il finit par descendre devant la porte d’entrée. Minuit pile : une étrange lumière donne vie au bonhomme. Le petit garçon exulte, l’invite et fait découvrir sa maison à ce nouvel ami. Une bâche mystérieuse, aperçue de la fenêtre du palier, invite nos deux héros dehors. Elle abrite une motocyclette qui entraîne Bonhomme et petit garçon pour une folle promenade dans la campagne enneigée, ponctuée de rencontres d’animaux. Au retour, comme le moteur a fait fondre les jambes du bonhomme, celui-ci séjourne dans le congélateur. Un décor de sachet de surgelés lui rappelle un rendez-vous : il entraîne le petit garçon, et tous les deux s’envolent. Ils traversent campagne, villages et villes, mers et glaciers avant d’arriver au pôle Nord où tous les bonshommes de neige du monde semblent rassemblés autour du Père Noël. On mange, on rit, danse. Le Père Noël offre au petit garçon son cadeau une écharpe bleue tachetée de blanc. Nous apprenons l’identité du petit garçon par l’étiquette du paquet qui porte son nom, James Brighton. Puis, le lever du soleil s’annonce : il est temps de rentrer. Devant la maison, les adieux sont difficiles. Finalement, le petit garçon se couche et se rendort. Le lendemain, comme il se précipite au-dehors, une lumière l’éblouit : du bonhomme, il ne reste qu’un ridicule tas de neige, trois morceaux de charbon, une écharpe et un chapeau. Pourtant, le petit garçon, tout triste, sort de sa poche une écharpe bleue tachetée de blanc.

Note d'intention

The Snowman est un bon exemple pour comprendre de quelle manière Channel Four, dernière née de télévisions privées anglaises a largement participé à la renaissance d’un cinéma national, particulièrement moribond au début des années 80.
Petit bijou d’animation, ce conte de noël émouvant séduit les enfants, notamment grâce au personnage du bonhomme de neige, compagnon de jeu idéal qui, doté de pouvoirs magiques fait voyager le petit héros au-dessus des prairies enneigées.

La chanson entêtante du film, Walking in the air, participe au plaisir des jeunes spectateurs qui n’oublieront jamais ce beau film d’animation qui ne dure que 30 minutes !

Mots clé

Amitié, fête traditionnelle, envol, neige, disparition, par la fenêtre, baleine, cheval, bestiaire, sauvages/apprivoisés, chanson

Merveilles de l’imagination

Extrait du Point de vue. Cahier de notes sur...
écrit par Marie Diagne

 

 

La première séquence du Snowman n’est composée que d’un seul plan, fixe, filmé en prise de vue réelle. Un homme y traverse le cadre, tandis qu’on entend une voix masculine, adulte, qui raconte : « Un jour, il s’était mis à neiger, à neiger comme je ne l’avais jamais vu. […] J’ai décidé de construire le bonhomme de neige. » Puis, l’image photographique devient dessin, le titre du film apparaît en fondu et le récit, annoncé par la voix masculine initiale, commence. Nous découvrons, isolée dans une campagne enneigée, une maison. Dans une chambre, un enfant dort encore. La voix du début – premier niveau de narration – annonce un souvenir – deuxième niveau de narration – dans lequel on plonge avec la disparition de la « bande paroles » et le changement de technique cinématographique. La relation d’un univers à l’autre est assurée, outre les éléments que la voix annonce – « J’ai décidé de construire un bonhomme de neige » – par la bande musique. Le thème principal y est amorcé sur la fin du plan en prise de vue réelle, il entre sous la voix et se poursuit crescendo sur les premiers plans animés. Pourtant, cette fluidité initiale – passage d’une technique à l’autre en fondu, continuité narrative et musicale – ne laisse pas sans interrogation. Ainsi le transfert initial de l’image en prise de vue réelle à l’image animée est-il unique dans le film, qui se clôt sur le plan dessiné du petit garçon devant son bonhomme de neige fondu. Ce que raconte ce plan reste, a priori, problématique : après son vol avec le bonhomme de neige et sa rencontre avec le Père Noël, le petit garçon se réveille, se précipite à l’extérieur et découvre que son bonhomme a fondu. Mais il sort de la poche de sa robe de chambre une écharpe bleue tachetéede blanc que ce même Père Noël lui a offerte… A-t-il rêvé ? L’intérêt de cette question ne réside probablement pas dans sa réponse mais dans le doute qu’elle soulève et que la réalisatrice affirme avec le choix de la dernière séquence de son film. En effet, aucun élément n’y invite le spectateur à quitter ce que la voix initiale évoque comme un souvenir : sur l’image gelée du petit garçon face au tas de neige, son écharpe à la main, le générique final se déroule...

Petite bibliographie

Sur The Snowman
– Raymond Briggs, The Snowman, Hamish Hamilton Children Books Limited (Londres, 1978).
– Raymond Briggs, Le Bonhomme de neige 1, Grasset & Fasquelle, collection Grasset Jeunesse (Paris, 1978).
Le Bonhomme de neige, le film 2, Grasset Jeunesse, Paris, 1993, (traduction : Eliane Janssen).
– La bande originale du film The Snowman est disponible sur CD ; éditeur : CBS / Sony ; numéro de catalogue : COL 71116.
– Vinciane Fonck, « Le Bonhomme de neige », un dessin animé de Dianne Jackson, Le Centre culturel des Grignoux et le Centre de documentation du CTL de Liège, Les Dossiers pédagogiques, 1995.

 

Sur le cinéma d’animation
– Robi Engler, Les Ateliers de cinéma d’animation : film et vidéo, Éditions Pierre Marcel Favre, 1982 (préface : Peter Ustinov).
Animatographe, bimestriel du cinéma d’animation international, numéro 3, juillet-août-septembre 1987. Rédacteur en chef : Pascal Vimenet.

 

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