Accueil > Ecole et cinéma > Films > Azur et Asmar
Azur et Asmar
  • Le film
  • Point de vue du Cahier de notes
  • Outils
  • Photos

Générique

À partir de huit ans, du CE2 au CM2.

Michel Ocelot, France, 2006, 99 minutes, couleurs.
Histoire, dialogues, scénarimage, modèles principaux, graphisme, réalisation : Michel Ocelot
Musique : Gabriel Yared. Chanson du générique de fin interprétée par Souad Massi
Assistant réalisateur : Éric Serre
Chef décoratrice : Anne Lise Lourdelet-Kœhler
Chef monteuse image : Michèle Peju
Chef monteur son : Thomas Desjonqueres
Produit par Christophe Rossignon
Avec les voix de : Cyril Mourali (Azur) ; Karim M’Ribah (Asmar) ; Hiam Ab-bass (Jenane) ; Patrick Timsit (Crapoux) ; Rayan Mah-joub (Azur enfant) ; Abdesselem Ben (Asmar enfant) ; Fatma Ben Khelil (princesse Chamsous Sabah) ; Tissa Bensalah D’Avila (la fée des djinns) ; Sofia Boutella (la fée des elfes) ; Olivier Claverie (le sage Yadoa) ; Jacques Pater (le père).
Distribution : Diaphana Distribution.

Résumé

Il y a bien longtemps, quelque part dans l’Europe du Moyen Âge, deux bébés sont bercés par Jenane, une femme d’origine maghrébine. Azur, le blond aux yeux bleus, est le fils du châtelain qui emploie Jenane comme nourrice. Asmar, le brun aux yeux noirs, est le fils de Jenane. Ils passent une enfance heureuse dans le même manoir, se battent et s’aiment comme des frères et tombent ensemble sous le charme d’une légende que leur conte inlassablement Jenane. Il y est question d’une « fée des djinns », retenue captive dans une cage de cristal au-delà des mers, attendant désespérément le prince qui l’épousera après l’avoir délivrée. Mais le père d’Azur, un homme dur et impitoyable, renvoie brutalement Jenane et Asmar dans leur pays. Azur est maintenant un beau jeune homme. Il embarque vers les terres magiques du conte de son enfance. Il rencontre Crapoux, un émigré laid, aigri et voleur, qui lui propose de le guider. En ville, Azur retrouve Jenane, devenue la veuve d’un riche marchand. Et Asmar, qui a l’élégance et la noblesse d’un prince arabe. Chacun des deux frères de lait ambitionne toujours d’épouser la fée des djinns. Jenane décide qu’ils feront route ensemble jusqu’au pied des montagnes et qu’ils tenteront alors leur chance séparément. Pour préparer l’expédition, Azur rencontre le sage Yadoa, puis une jeune princesse érudite. Muni de clés magiques, il part en compagnie de Crapoux et d’Asmar. Leur chemin est jalonné d’embûches diverses. Poursuivis par des voleurs, il leur faut également déjouer les pièges d’une bande de marchands d’esclaves, puis affronter la série d’obstacles réservée à tout prétendant à la main de la fée. Au terme du voyage, chacun trouvera la fée de ses rêves. Mais ce que les deux garçons découvriront de plus important, c’est l’harmonie et la complémentarité.

Note d'intention

Ocelot, conteur animé de son humanisme forcené, nous enchante à nouveau, nous transportant cette fois dans la luxuriance des contes médiévaux des mille et une nuits dont cette histoire est inspirée. Deux frères de lait séparés brutalement au sortir de l’enfance, celui d’Orient, celui d’Occident – Asmar et Azur, se retrouvent à l’âge où l’on quitte les siens pour chercher fortune et princesse. Les voilà rivaux pour un même but: conquérir la « fée des djinns » dont ils rêvent chacun depuis leurs plus tendres années. Épiques aventures entrecroisées qui se passent de l’autre côté des rives de la méditerranée, au pays où se trouvent la richesse et le savoir, la magie, les couleurs, tous deux à la recherche de la gloire et de la félicité, chacun avec ses armes, épreuve après épreuve. Mais en chaque chose son contraire, on y apprend que pour vivre l’utopie d’une entente fraternelle et réconciliée avec son meilleur et plus bel ennemi, seule l’inversion des valeurs qui fondent préjugés et prédestinations permettront d’en vaincre les démons !

Mots clé

Évocation médiévale, fée, prince/princesse, happy-end, Nord/Sud, frères ennemis

Avoir le temps de faire court

Extrait du Point de vue. Cahier de notes sur...
écrit par Bernard Genin

 

 

On connaît la célèbre phrase de Pascal dans une de ses lettres aux Jésuites: « Excusez-moi, je n’ai pas eu le temps de fairecourt. » Preuve que faire court et limpide demande bien plusde temps qu’être long et verbeux. Avec Azur et Asmar, MichelOcelot a pris le temps de « faire court ». Il a même supprimé quelques passages qui lui tenaient à cœur pour ne pas dépasser le timing prévu (une heure trente). Quand il commence ce film, il est au sommet de sa popularité. Le succès de Kirikou et la Sorcière l’autorise à avoir des exigences. La première sera de travailler avec son équipe en un lieu unique. On sait que, en raison de la quantité de travail qu’ils requièrent, les longs métrages d’animation français sont exécutés dans différents studios, l’animation étant le plus souvent exécutée en Asie, où son coût est dérisoire. Pour Michel Ocelot, les allers-retours dans cinq pays différents pour finaliser Kirikou et la Sorcière avaient été vécus comme un cauchemar. Tous les artistes réunis sur Azur et Asmar ont donc travaillé sur place, à Paris. Quant au budget du film (dix millions d’euros), il est le double de celui de Kirikou. Le cinéaste s’est donc donné les moyens de maintenir le cap sur ce qui semble être les lignes de force du film : équilibre, simplicité, limpidité. On peut en ajouter d’autres, sur la forme comme sur le fond : symétrie, égalité, harmonie. Tout est dit. On verra comment, à plusieurs reprises, au fil du récit, la symétrie et l’équilibre seront rompus, pour être aussitôt rétablis par Jenane.

Bio-filmographie de Michel Ocelot

1998 : un petit Africain intrépide débarque sur les écrans de France, sortant tout seul du ventre de sa mère. C’est Kirikou, l’enfant héros du film Kirikou et la Sorcière. Cet accouchement spectaculaire révèle au grand public un cinéaste d’animation d’une rare délicatesse : Michel Ocelot, connu des seuls amateurs de courts métrages, un genre qu’il a pratiqué (avec la série télévisée) pendant près de vingt ans. De nombreux jurys ont salué son talent puisqu’il a reçu un Bafta (« oscar » britannique) pour Les Trois Inventeurs (1979), un César pour La Légende du pauvre bossu (1982) et un Prix de la « meilleure série » pour Ciné Si (1989) à Annecy et à Ottawa. Kirikou et la Sorcière fait un triomphe au cinéma, en cassettes, en DVD. Son héros envahit le monde de l’édition et même celui de la comédie musicale. Le film est acheté par plus de cinquante pays. À Chicago, il obtient un double prix symbolique : celui du « jury enfants » et celui du « jury parents », véritable plébiscite intergénérationnel. Ce succès inattendu va ouvrir le chemin à une nouvelle génération d’animateurs français.
Depuis, les dessins animés se bousculent sur nos écrans (Les Triplettes de Belleville, de Sylvain Chomet en 2003 ; Renaissance, de Christian Volkman en 2006, etc.)

Michel Ocelot propose alors au public un montage d’une série de sketches, animés quelques années plus tôt en ombres chinoises, qu’il regroupe sous le titre de Princes et Princesses.

2005 : sortie de Kirikou et les Bêtes sauvages, quatre épisodes
qui reviennent sur le passé du héros.

2006 : sortie de Azur et Asmar.

2008 : réalisation d’un clip pour Earth Intruders, chansonphare du dernier album de Björk.
Michel Ocelot est aujourd’hui considéré comme l’initiateur du grand renouveau de l’animation française.

 

Les enfants de cinéma

 

Les enfants de cinéma

 

Les enfants de cinéma