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Générique
À partir de 7 ans, du CE1 au CM2.
1938, États-Unis,102 minutes, couleur (color by Technicolor) version originale, sous-titres français et version française
Titre original : The Adventures of Robin Wood
Réalisation : William Keighley et Michael Curtiz
Producteur exécutif : Hal B.Wallis
Producteur associé : Henry Blanke
Scénario : Norman Reilly Reine et Seton Miller
Dialogues : Irving Rapper
Chefs opérateurs : Tony Claudio et Sol Polito
Montage : Ralph Dawson
Musique composée et dirigée par Erich Wolfgang Korngold
Costumes : MiloAnderson
Son : C.A. Riggs
Production : Warner BrosPictures
Sortie États-Unis : 25 avril 1938.
Distribution : Robin des Bois (Errol Flynn), Lady Marian (Olivia de Havilland), Sir Guy de Gisbourne (Basil Rathbone), Prince Jean (Claude Rains), Willy l’Écarlate / Willthe Gamwell (Patrick Knowles), Frère Tuck (Eugene Pallette), Petit Jean / Little John (Alan Hale), GrandBailli / Shérif de Nottingham (Melville Cooper), Richard Cœur-de-Lion (Ian Hunter), Bess (Una O’Connor), Much-fils-du-meunier (Herbert Mundin), Évêque des Chanoines noirs (Montagu Love).
Récompenses : 3 Oscars (musique, montage et décor).
Distributeur : Grands films Classiques
Résumé
Le duc Léopold d’Autriche retient le roi Richard Cœur-de-Lion en otage à son retour de croisade. Son frère, le prince Jean, a chassé le régent mis en place par Richard le temps de son absence. Jean prend le pouvoir, appuyé par Sir Guy de Gisbourne, son puissant allié aux dents longues. Normands, Jean et Gisbourne accablent les Saxons de nouveaux impôts et pendent les malheureux qui refusent de s’acquitter de cette dette cruelle. Jean n’entend nullement consacrer la nouvelle dîme à la libération de Richard. C’est mal connaître les intentions et la détermination de Sir Robin de Locksley, dit « Robin des Bois », meilleur archer du royaume. La forêt de Sherwood est son domaine. Là, entouré de ses gais lurons – les merry men –, tous dévoués à sa cause, il organise la résistance et prépare activement le rétablissement de Richard sur le trône. Robin arrête Gisbourne traversant la forêt, qui revient du Nord avec une part de la rançon prise de force. Son assaut confirme sa réputation : « Prendre aux riches pour donner aux pauvres. » L’audace de Robin ne connaît pas de limites. Il avait défié Jean lors d’un festin au château de Nottingham. Témérité qui le condamne à mort. Il est capturé lors d’un tournoi de tir à l’arc qu’il remporte. Bravoure qui le fait pendre. Heureusement, ses amis ont plus d’un tour dans leur sac et le sauvent. Or, Lady Marian, pupille du roi Richard, est de cette échappatoire. Le cœur paie. À chaque effronterie, Robin croise le regard la belle Marian que Jean promet à Gisbourne. Le courage du rebelle de Sherwood séduit l’élégante jeune femme. Enfin, Richard de croisade revient. Une ruse lui permet, avec Robin, et ses joyeux lurons, de pénétrer dans la forteresse de Nottingham, le repaire de Gisbourne. Ils prennent le prince Jean à leur piège, se préparant pour son sacre. Une rude mêlée regroupe les lords du prince Jean, Richard, ses fidèles croisés, Robin et ses compères vêtus comme leur leader de « vert Lincoln ». Au bout d’un spectaculaire duel, Robin se débarrasse de Gisbourne et se dépêche de délivrer Marian emprisonnée pour complicité avec les Saxons. Robin obtient de Richard le rétablissement des merry men dans leurs droits et, adoubé, s’enfuit en courant, tenant parla main Lady Marian, désormais sa femme.
Note d'intention
La portée de Les Aventures de Robin des Bois se verra dans la cour de récréation. Tous les élèves d’École et cinéma joueront à Robin des Bois. Il y aura des rôles pour tout le monde. Le film réveillera le rayonnement d’un héros romantique qui met sa vie en jeu. Qui joue au commis
d’agent de change, au grand commis de l’État ? Robin des Bois désavoue toute attraction pour une réussite matérielle affectée qui manque singulièrement d’agrément poétique. Les enfants viendront de voir un jeune homme incurver le cours de la vie, ne pas fléchir devant son sort, préservant une action qui, sans les écraser, les aidera à se dégager de fixations à des phases de maturation psychologique plus précoces.
Avec Robin des Bois, bondir dans sa vie.
Mots clé
Aventure, évocation médiévale, héroïsme, romantique, Hollywood, rébellion, costume, couleurs, soulèvement populaire, happy-end
L’Angle exterminateur
Extrait du Point de vue du Cahier de notes sur...
écrit par Pierre Gabaston
[1. MYTHE, HISTOIREETHISTOIRE]
[1.] Royal !, fougueux, festif, loyal !, végétal, massif, précipité, languide, énamouré, rutilant, verdoyant, récit disjoint – duel –, vagabond, versicolore, mais aussi et surtout se faisant oublier, et pourtant sanctifié, veine d’une tradition, antique etimmémoriale, entre mythe et réalité, le mythe arc-boutant laréalité: récit d’une fondation. The Adventures of Robin Wood raconte le soutènement de la terre des Angles. L’Angleterre. La perfide Albion. Merry England pour les sujets de son royaume. S’y font honnir ceux qui mal y pensent. Certifié par Leurs Majestés. Aussi garanti que les produits Fortnum & Mason, sur Piccadilly.
[2.] Une antécédence coffre en sous-œuvre l’architecture du récit. Prépondérante ! Cruciale. Son archéologie. Imaginaire et historique. Imaginaire : péripétie retranchée du film, évoquée par sa mise en scène. Historique : événement vérifié par l’Histoire. Fable convenue, l’Histoire ? Napoléon le déplore à Sainte-Hélène. Son canevas : Richard Cœur-de-Lion prend part aux croisades. La troisième du nom. Grâce aux efforts du pape Urbain III, avec Frédéric Barberousse et Philippe Auguste, il se croise. Richard soupçonne le souverain français de trahison. Est-ce possible ? Philippe Auguste revient plus tôt. Avec Jean sans Terre il s’allie, les domaines du roi d’Angleterre ils envahissent. Au retour, Richard se décide. Arrêté par ordre du duc d’Autriche Léopold Ier, il est livré à l’empereur d’Allemagne Henri VI. Qui le cède… À qui consent à s’acquitter d’une formidable rançon. Gardons nos yeux d’enfant. Ouvrons l’album aux images de notre histoire. Retour à Hollywood.
[3.] Foulant aux pieds le choix du roi Richard, son frère, le prince Jean, élimine Longchamps désigné régent. Forfaiture éludée. Le prince festoie. Le prince ingurgite, picole, travaille de la mâchoire, se délecte. Son hédonisme crapuleux dissone avec l’état de Richard retenu captif, là-bas, à sa merci. Suffirait-il à Jean de verser la rançon et libre serait son frère ? Rétabli dans son pouvoir, remis à la tête de son royaume ? Le calcul de Jean de prendre sa place, devenir roi à son tour, écarte cette intention. Vrille là, une friction de la fiction.
[4.] Pour l’heure, Jean jouit. Sa jouissance souille l’expédition de Richard vers ces contrées lointaines. Délivrer la Terre sainte. Arracher le Saint Sépulcre aux mains des Musulmans. Ferveur de la Chrétienté. Idéologie de la féodalité. Jean usurpe la place et la fonction d’un frère. Au prix d’une vile cruauté, de sordides pendaisons, d’un argent levé en toute iniquité. Impôt extorqué de force. Arbitraire d’un univers de violence.
[2. DETTERÉCIPROQUE]
[5.] Et Jean et Richard, les deux frères, incarnent le double visage des orientations économiques et politiques médiévales. Jean et Richard : avers et revers d’une même Dette. Dette économique qui lie et asservit les paysans aux seigneurs, pour une part. Dette qui fait loi. Loi que Jean et Guy de Gisbourne appliquent avec terreur. Dette doctrinaire, par ailleurs. Dette religieuse qui justifie le départ de Richard pour la croisade. La société féodale s’édifie sur un double rapport aliénant les créatures au Créateur, et – effet en retour – le Créateur à ses créatures. Les sujets tributaires se doivent à Dieu. Dieu, Lui-Même, se doit à ses sujets au sort éphémère. Haut, bas : débits réversibles. Vrai de vrai, Dieu sacrifie son fils. Sacrifice tourné en symbole de la créance du Père vis-à-vis de ses fils.
[6.] Échos et similitudes. Le Père se doit à ses obligés àl’image de Dieu vis-à-vis des siens. Le roi Richard s’en va-t-aux croisades. Il s’acquitte de sa dette de Père vis-à-vis de sessujets. En allant à la rescousse du tombeau du Fils sacrifié, Richard garantit l’identité de tous ses sujets. N’est-il pas vrai ? Vient-il de recouvrer son bien – sa couronne (séquence finale) – qu’il reconnaît aux proscrits de Sherwood leur statut de sujets; sinon à Robin lui-même, distingué en premier. La reconnaissance n’est pas un vain mot. Richard se fait connaître pour convenir à son tour : admettre d’être en dette avec les merry men. Qui le font roi qui les fait sujets. Double certification : eux le restaurent, lui les légitime. Deux fois Richard se dévoile. Tout l’honneur lui en revient, une première fois devant Robin à Sherwood ; puis devant son frère Jean, au château. Richard confond Robin en exhibant sa robe écarlate d’un geste « obscène ». De dessous sa soutane (son camouflage), il la lui sort tel un vit. Comme il y va ! Tunique frappée des trois lions. Sur-le-champ : signe de ralliement. England ! Rally round my robe, merry men ! Robin s’agenouille pour la première fois. Ses compagnons l’imitent. Le Père est de retour. À lui le phallus. Il l’a, dès maintenant. Pour de bon.
Petite bibliographie
- Le Moyen Âge, « Le bibliobus historique », (Récit : Philippe Auguste, Légende : La Quête du Graal, Aventure : Robin des Bois, Roman policier : Paris au Moyen Âge), Hachette Éducation, 2006.
- Hors-Série Marianne, L’Histoire, « Les grandes rébellions », août-septembre 2008, « Robin des Bois a-t-il existé ? », Rodney H. Hilton.
- The Adventures of Robin Wood, Rudy Behlmer, The University of Wisconsin Press (notre source).
DVD Warner :
- La Flèche et le Flambeau, Jacques Tourneur (magnifique remake du Robin des Bois de Curtiz)
- Capitaine Blood, Michael Curtiz
- L’Aigle des mers, Michael Curtiz
- Le Vagabond des mers, William Keighley
- Ivanhoé, Richard Thorpe
Autres DVD :
- Les Aventures de Robin des Bois, Keighley/Curtiz, trois heures de bonus dans Édition Collector
- Robin des Bois, Allan Dwan, chez Bach Films.



